La piété, cette "conscience d'une présence" comme le dit P. Marc-Antoine, est faite de ces moments de manifestation de l'échange profond du fidèle, de tout son être, avec le divin qui s'offre à lui dans les énergies divines selon la logique de l'Incarnation
L'Icône, l'objet, la personne vénérés ne sont pas simplement vénérés en tant que représentations mais il s'agit là d'un canal mystique réel de vie spirituelle… c'est toute la différence entre une spiritualité expérimentée et vécue et une spiritualité transmise selon des règles établies. C'est bien cette valeur attribuée à la piété qui fait, comme le dit P. Marc-Antoine, l'Orthodoxie ; c'est à dire la glorification juste qui la distingue de la théologie académique rationalisante avec sa pratique religieuse distanciée.
La piété n'est pas seulement une attitude intérieure, mais une plongée totale dans une réalité spirituelle vivante, incarnée jusque dans les objets, les gestes, les regards. L'Icône n'est pas seulement un support visuel, elle est un foyer de présence, un point d'intersection entre le visible et l'invisible.
La "glorification juste" de cette piété qui ne sépare pas la connaissance de la transformation personnelle, ne fait pas de la théologie un discours extérieur mais une métamorphose existentielle. Le regretté Père Jean Boboc de bienheureuse mémoire en a fait un livre justement, La grande Métamorphose.
Maxime le minime