samedi 19 septembre 2020

DEVENIR MOINE EN ROUMANIE extrait de l'office

Le moine est un cadeau au monde entier. Même si dès le début il fuit et se libère de tout ce que signifie la loi humaine, de tout ce qui constitue des nécessités passagères, il reste néanmoins  un homme issu du monde, et devient  un homme du Christ, qui prie sans cesse pour le monde dont il a été extrait.

Voici le début de la vie du moine, plus précisément l'office de la tonsure dans le monachisme, à travers lequel il donne toute sa vie, librement, humblement et pleine d'amour, au Christ.

Seigneur, notre Dieu, reçois tes serviteurs, qui ont abandonné les convoitises du monde et se sont offerts à toi en sacrifice béni !

dimanche 9 août 2020

VIEILLESSE ET HUMILITÉ par ST Païssios




"Comme on devient humble avec la vieillesse !
 Les vieilles personnes perdent graduellement leurs forces, elles ressemblent à de vieux faucons. Quand un faucon vieillit, ses plumes tombent et ses ailes ressemblent à de vieux peignes. 
Je me rappelle dans le monastère de Philotheou, il y avait un Proistamenos (un vieil ancien présidant au conseil d’un monastère) qui en 1914 était parti volontairement de Smyrne (en Asie Mineure) en Albanie pour se venger des Turcs qui avait sauvagement tué son père. Il est arrivé qu’une fois il est parvenu à capturer un Turc qu’il s’apprêtait à tuer. Cependant le Turc lui dit « Notre religion est sans grâce et elle nous dit de tuer les infidèles alors qu’il n’en est pas de même pour votre religion. » Quand il entendit ces paroles, il fut si ému qu’il jeta son arme au loin et décida de partir pour le Mont Athos pour y devenir moine. Ainsi il devint moine et il devint même Proistamenos mais il demeurait fondamentalement un rebelle. Il présidait à toutes les obédiences et conservait toutes les clés des entrepôts pendues à sa ceinture. Personne n’osait lui adresser la parole.  Si un moine négligeait de l’appeler par son titre de « Geronda Spyridon », il se faisait aussitôt corriger.
Un jour durant le Grand Carême, un groupe de bandits vint au monastère et réclama du fromage ; « Bande porcs, leur répondit-il, vous demandez du fromage pendant le Grand Carême ! » et il les jeta hors du monastère. Une autre fois les pères avaient mis de côté les chandeliers pour les nettoyer. Des bandits qui avaient vu ces pièces de métal briller, et avaient cru qu’il s’agissait de chandeliers en or, s’en emparèrent, les jetèrent dans leurs sacs et les chargèrent sur des mules du voisinage pour les transporter, mais quand Geronda Spyridon les vit, il les arrêta, vida leurs sacs et leur dit avec colère « Vous, bande de vauriens, espèces d'ordures, c’est seulement du cuivre, du cuivre sans valeur, comme vous ! » Il ne connaissait pas la peur. Mais dans sa vieillesse, il devint malade et humilié par les circonstances de la vie. Je fus alors choisi pour l’aider un peu. Un jour il me fit venir et me dit « Averkie, viens prier pour moi, je ne me sens pas bien ». J’y allais et commençai à prier à haute voix pour lui avec mon komboskini « Seigneur Jésus Christ, aie pitié de ton serviteur Geronda Spyridon », c’est alors qu’il me dit « Hé toi, dis seulement pour ton serviteur Spiro ». Vous voyez, la maladie et la vieillesse l’avait rendu humble. Avant cela personne n’aurait osé lui adresser la parole sans l’appeler « Geronda Spyridon ».

Mon propre père même, fut rendu humble par une simple mouche. Un jour ma sœur l’entendit qui criait « Que se passe-t-il, Père, lui demanda-t-elle, est-ce qu‘un de tes petit-fils t’a dérangé d’une quelconque manière ? » « Non, non, lui répondit-il. Qu’est-ce qu’un homme ? J’ai essayé de tuer cette mouche avec la tapette et je n’y suis pas arrivé. J’ai eu beau frapper comme ci ou comme ça, je l’ai ratée à chaque fois. Quand j’étais jeune, j’étais un tireur d’élite, mais je ne tuais jamais les Tsetes (rebelles des forces turques), je faisais en sorte de seulement les blesser intentionnellement de sorte qu’ils se rendent ensuite. Je visais un lion, le blessai, de sorte que je puisse me battre avec un lion blessé et maintenant je ne suis même pas capable de tuer une mouche. L’homme n’est rien. » Le pauvre homme se sentait anéanti comme s’il n’avait rien fait d’important dans sa vie.

Même dans les infirmeries des monastères du Mont Athos les vieux moines sont ainsi rendus humbles dans leur vieillesse. Ils vivent une seconde tonsure, ils coupent leur longue chevelure pour qu’il soit plus facile de se laver et d’en prendre soin. Ils doivent aussi tailler leur barbe pour des raisons d’hygiène personnelle car ils éprouvent quelques difficultés à manger et à la garder propre. C’est leur tonsure finale. La tonsure de l’humilité."
St Païssios l'Athonite
(version française par Maxime le minime
d'un extrait du livre  "Spiritual conseils"
Souroti 2017)

mercredi 3 juin 2020

Lecteur Andreas Moran: "FAIS DE TA MAISON UNE ÉGLISE"

Sur le blog de Claude :
Photo: spzh.news
Photo : spzh.news
Il existe de nombreux conseils aux fidèles sur la manière de prier et de pratiquer le culte en ces temps où, dans de nombreux endroits, les églises sont fermées aux fidèles, même si des offices sont organisés ; et dans de nombreuses églises, il n'y a même pas de services derrière les portes fermées. Prions pour que Dieu raccourcisse les jours où la peste est sur nous.

Comme nous le savons, les premiers chrétiens priaient et adoraient dans leurs maisons ; en effet, la dernière Cène du Christ, qui a institué l'Eucharistie, s'est tenue dans une maison comme nous le disent les Évangiles. Une église a été établie dans la maison d'Aquila et de Priscilla (1 Corinthiens 16:19). "Saluez les frères de Laodicée et de Nymphas, et l'église qui est dans sa maison", dit l'apôtre Paul (Colossiens 4:15). En Actes 16, 14-15, nous lisons que saint Paul a séjourné dans la maison de Lydie, et sans doute les cultes y ont-ils eu lieu. 

Paraphrasant saint Paul, saint Jean Chrysostome dit : "Fais de ta maison une église" (Homélie XLIII sur 1 Corinthiens). Il est donc possible de faire de sa maison "une maison de prière". Naturellement, les laïcs ne peuvent pas servir la Divine Liturgie chez eux, mais ils peuvent faire d'autres offices, et prier. Ils peuvent aussi regarder les offices qui sont transmis ou diffusés en continu. Ce qui est nécessaire, c'est de prier et de veiller avec la bonne disposition intérieure. Nous lisons ceci dans la Vie de sainte Matrone de Moscou :

"Une fois, un jour de fête, la mère de Matrona invita son époux à se joindre à elle pour l'office, comme d'habitude. Mais il n'y vint pas. Il décida de prier et de chanter à la maison. Matrona resta avec lui, elle aussi. Tout au long du service, Natalia pensait à son mari et regrettait qu'il ne soit pas venu avec elle. Quand Natalia rentra à la maison après la Liturgie, Matrona lui dit "Tu n'es pas allée à l'église, maman." Natalia fut surprise : "Ne sais-tu pas que je suis juste de retour et que j'enlève mon manteau ?" "Le père était à l'église, mais pas toi." Matrona vit que même si sa mère assistait à l'office, son coeur ne priait pas."

De nombreuses églises à travers le monde, en particulier en Russie, diffusent des services - là où ils sont encore autorisés, bien sûr - à la télévision et sur Internet. Ce n'est pas nouveau, du moins en ce qui concerne la télévision. Pendant de nombreuses années, dans des pays comme la Grèce, ceux qui, pour une raison quelconque - âge avancé, infirmité, etc. - ne pouvaient pas aller à l'église ont regardé les offices divins à la télévision.

Est-ce que cela vous convient ? Certains diocèses font des services en streaming (par exemple, Pskov) qu'ils ne feraient guère s'il y avait le moindre doute que les fidèles devraient les regarder. Comment les gens chez eux doivent-ils réagir à la "diffusion en continu" des services religieux ? Il faut dire tout de suite que personne ne doit se détendre dans son fauteuil et regarder la télévision ou l'ordinateur et considérer ces transmissions comme un programme de télévision. Mais lorsqu'il n'est pas possible d'aller à l'église, il faut que les fidèles réagissent de manière appropriée à ces diffusions. 

On peut allumer des cierges et des lampades et faire brûler de l'encens. Les gens peuvent se tenir debout avec révérence tout en regardant, comme ils le feraient à l'église ; ils peuvent répondre en faisant leur signes de croix et leurs enclins et ainsi de suite aux moments habituels ; ils peuvent être attentifs aux chants et aux lectures. Et à la fin, pourquoi ne pas mélanger du vin et de l'eau et prendre de l'antidoron si possible ou du pain spécialement préparé et prier pour que le Seigneur les bénisse, puis en prendre une part ? Le Seigneur, toujours miséricordieux, ne les acceptera-t-il pas comme le sacrifice d'Abel ? Dieu s'éloignera-t-il de ces fidèles en faisant ce qu'ils peuvent dans les circonstances où ils se trouvent ?

C'est sûrement mieux que de simplement imaginer ce que ce serait d'être à l'église. Et j'ai entendu parler de personnes qui, avant le début de l'épidémie, ont regardé les offices à la télévision et ont ressenti la Grâce. 

Après tout, l'Esprit Saint, qui est "partout présent et qui emplit tout, ne dédaignera sûrement pas les efforts déployés par ces fidèles qui ne peuvent pas faire autrement. 

Le clergé dans les camps soviétiques n'a-t-il pas fait tous les efforts possibles, et ce qu'il a fait était sûrement acceptable pour Dieu ? Dieu n'est pas limité par notre situation. "Non, la main de l'Eternel n'est pas trop courte pour sauver, Ni son oreille trop dure pour entendre." (Isaïe 59:1).

Version française Claude Lopez-Ginisty

vendredi 22 mai 2020

CONSÉCRATION D'UNE ÉGLISE ORTHODOXE

Consécration de la chapelle dédiée à Saint Nicolas le Thaumaturge située dans le Palais Est du Complexe Monastique du Monastère Bigorski
SOURCE


vendredi 1 mai 2020

Quand cesse-t-on d'être des "convertis" ? par P. André Phillips



Q: Comment le « convertis » cessent-ils d'être convertis?

R: Presque tous les orthodoxes sont aujourd'hui convertis. Après la chute du communisme, des dizaines et des dizaines de millions de personnes se sont converties au Christ et ont été baptisées dans la foi de leurs ancêtres parce qu'elles étaient enfin libres de le faire. En Grèce également, de nombreuses personnes se sont éloignées de l'Église après les années 1960, mais certaines sont revenues de très loin, découvrant l'Orthodoxie pour la première fois, malgré leur nationalité et leur Orthodoxie présupposée. Tous ces exemples sont la preuve de la vérité évidente que l'ethnicité n'a rien à voir avec le fait d'être chrétien, une idée étrange qui ne serait jamais venue à l’esprit des Apôtres, des martyrs, des saints et des Pères de l'Église.

Les convertis doivent dépasser l'Orthodoxie des néophytes, une fascination pour ce qui leur semble dans leur éloignement de la normalité, être ésotérique ou exotique (ce qui n'est pas du tout ésotérique ou exotique pour nous qui la vivons quotidiennement). Cela implique de se rendre compte que la vraie Orthodoxie est simplement le mode de vie chrétien, le vrai christianisme, et que ce qu'ils pensaient auparavant être le christianisme (protestantisme / catholicisme) ne l'a jamais été. C'est un choc pour eux - cependant c'est la vérité, comme beaucoup le confirmeront ensuite. Et tous doivent découvrir que l'Orthodoxie ne concerne pas les croix en or et les cœurs en bois, mais les cœurs en or et les croix de bois.

Il arrive que les convertis débutants se manifestent comme des orthodoxes enflammés de zèle, mais ces flammes s'éteindront tôt ou tard. Ils se transformeront en cendres face aux difficultés auxquels la réalité nous confronte – à moins que ces convertis n'aient le carburant qui alimente le cœur. Et ce carburant vient de la vie liturgique, de la participation aux offices, de la prière (la participation aux services vous oblige à prier, sinon vous vous ennuierez), du jeûne, des sacrements et de l'amour de notre prochain. (Les livres et les théories, évidemment, cela ne nourrit pas le cœur, cela ne nourrit que le cerveau, ce qui provoque simplement des maux de tête, littéralement, de la constipation mentale).

Mais ce sont précisément les difficultés de la vie qui détruisent les illusions. Ainsi, perdre des illusions ne signifie pas devenir désillusionné ou cynique, cela signifie devenir réaliste. Car nous devons notre fidélité non pas aux illusions, mais au Christ. Notre foi est simplement le mode de vie chrétien, les valeurs chrétiennes, la culture chrétienne, la civilisation chrétienne - il n'y en a pas d'autre.

Q: Il semble y avoir tellement de règles à l'orthodoxie. Quelle est la différence entre l'Orthodoxie et le pharisaïsme ?

R: Vous êtes débutant. Ne laissez pas les vieux pharisiens - qui prétendent être les seuls vrais orthodoxes au monde ! - transformer le christianisme en pharisaïsme rigide pour vous, comme pour eux. Ne les laissez pas faire de l'Église un « bâton pour votre dos ». Prenez les choses progressivement. Certes, l'Orthodoxie est la rigueur pour vous-même, tandis que le pharisaïsme est la rigueur pour les autres.

Cependant, en apprenant la vie orthodoxe, vous apprendrez qu'il existe deux livres. L'un est le Livre des Règles écrit, qui est composé de nombreux livres, tels que la Bible, les Canons, le Typikon, etc., et l'autre est le Livre des Exceptions non écrit. Tout comme le premier Livre n'est pas un Livre de châtiment sévère qui procure un désespoir noir, le second Livre n'est pas un Livre de libéralisme laxiste, qui entraîne une indifférence cynique. Le premier est notre idéal, le second est notre réalité. Vous devez connaître et avoir les deux livres, car ensemble, ils forment Le Seul Grand Livre de l'Orthodoxie, connu sous le nom de livre de la sagesse et de l'amour de Dieu. Ce livre n'est disponible dans aucune librairie, seul le temps vous l'apprendra, si vous avez la patience et l'humilité d'apprendre par expérience.
version française par Maxime le minime
de  la source

dimanche 19 avril 2020

"Поп", film, l'histoire d'un prêtre orthodoxe russe dans les années 40


film russe de 2009 réalisé par Vladimir Khotinenko 

Le film débute en juin 1941 dans le village marécageux de Tikhoe en Lettonie . Le prêtre Alexandre exerce les fonctions de son ministère, aidé par sa femme, Alevtina. Deux jours plus tard, les envahisseurs nazis entrent dans le village. Ces derniers  tiennent à rouvrir les églises orthodoxes fermées par les autorités soviétiques. Alexandre se voit offrir une mission dans l' oblast de PskovUne église orthodoxe, confisquée et transformée en salle pour des projections de films et autres, est restaurée à son ancienne utilisation, la cloche de l'église a été sauvée du lac, etc. Cependant, la vie sous les nazis est ambiguë et le prêtre doit marcher sur une corde raide (métaphoriquement ) entre un service chrétien fidèle et la loyauté envers son pays et son peuple. Une scène poignante est l'office de Pâques, célébré avec des prisonniers de guerre de l'Armée rouge entourés de gardes allemands. Alexandre et Alevtina abritent également des orphelins juifsAlevtina tombe malade au contact avec les prisonniers de guerre et place les enfants en premier en se perdant dans une tempête de neige de peur qu'elle n'infecte les orphelins. L'intrigue se termine avec le retour des autorités soviétiques au pouvoir et le prêtre emprisonné par le NKVDL'épilogue montre le prêtre des décennies plus tard, visité par les orphelins qu'il avait sauvés de nombreuses années auparavant.

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