mercredi 31 octobre 2018

Les passions ne sont pas mauvaises en elles-mêmes…


La conception que les maîtres spirituels hésychastes se font de la voie qui doit conduire leurs disciples jusqu’aux plus hauts degrés de la contemplation est tributaire de notions psychologiques empruntées à la philosophie hellénistique, où se mêlaient les influences du platonisme et du stoïcisme. Évagre le Pontique fut le premier artisan de cette conceptualisation qui se retrouve, avec quelques variantes, tout au long de la tradition philocalique.

Pour lui, comme pour l’ensemble des Pères, l’homme est composé de deux éléments, le corps et l’âme. La tradition chrétienne a en effet écarté, lors des grandes controverses christologiques des IVème et Vème siècles, la théorie tripartite qui considérait que la nature humaine était constituée de trois éléments distincts, le corps, l’âme et l’esprit. Cette conception ne pouvait en effet s’accorder avec la doctrine traditionnelle de l’Incarnation du Christ. Lorsque certains, parmi les Pères, parlent de l’esprit comme d’un troisième élément de l’homme, ils n’entendent pas par ce mot un élément créé, mais l’énergie incréée du Saint-Esprit, qui vient vivifier l’âme créée. Plus souvent, les saints Pères entendent par esprit (pneuma) la partie supérieure de l’âme, le noûs, sans en faire un troisième élément constitutif.

Selon le schéma évagrien, l’âme humaine comporte trois parties. Les deux premières constituent la partie sensible et passible de l’âme (pathetikon); ce sont l'« appétit concupiscible» (epithymetikon ou epithymia), qui éprouve les deux « passions» fondamentales du désir (d’un bien absent) et du plaisir (quand un bien sensible est présent), et la « partie irascible» (thymikon), dont les passions fondamentales sont la crainte, la colère et la tristesse.

Ainsi comprises, les passions ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. 
Évagre considère même que la « vraie nature » du concupiscible est de désirer le plaisir spirituel et la béatitude que procure la « gnose », l’union divine, et que celle de l’irascible est de lutter contre tout ce qui s’oppose à ce bien spirituel, particulièrement contre les démons. C’est le mauvais usage de ces facultés qui est la source des passions mauvaises, lesquelles sont, pour le concupiscible, la gourmandise, la luxure, l’amour de l’argent, la vaine gloire, l’orgueil; pour l’irascible, la mauvaise tristesse, la rancune, l’envie, la jalousie, la colère, la cruauté, l’acédie.

La troisième partie de l’âme ou partie raisonnable (Iogistikon) ne fait qu’un avec l’intellect (noûs). Celui-ci est la faculté de la connaissance intellectuelle; sans la grâce du Saint-Esprit, cette connaissance est discursive, conceptuelle; c’est ce qu’Évagre appelle la « science simple »; sous l’action du Saint-Esprit, elle devient expérience savoureuse de la compénétration de l’homme par la lumière incréée.
Si le concupiscible et l’irascible sont en proie aux passions mauvaises, ils enténèbrent l’intellect, qui devient sujet à l’ignorance et à l’erreur (selon Évagre, les vices de l’irascible, ceux qui s’opposent directement à la charité envers autrui, aveuglent l’intellect plus encore que ceux du concupiscible); s’ils en sont purifiés, l’intellect fait rejaillir sur eux sa lumière, et ils retrouvent leur vraie nature.

Père Placide Deseille
(Mémoire éternelle!)

dimanche 7 octobre 2018

Une journée dans la sainteté ?

"Le seul moyen par lequel vous pouvez passer la journée dans une  parfaite sainteté, la paix et sans péché est la prière la plus sincère et la plus fervente dès que vous vous réveillez le matin. Cela amènera le Christ dans votre cœur, avec le Père et le Saint-Esprit, et ainsi renforcera et fortifiera votre âme contre tout mal; mais il vous faudra tout de même garder soigneusement votre coeur."



Saint Jean de Kronstadt
Ma vie en Christ 

vendredi 10 août 2018

«Gloire à Dieu!» pour TOUT !


"Quand tout va bien pour nous, c’est facile de dire «Gloire à Dieu». Et malheur à nous si nous ne le disons pas!
Imaginez que tout va bien pour vous, et vous ne dites pas «Gloire à Dieu!». Cela en dit long au sujet de votre ingratitude. Mais dans votre vie, tout s’effondre, vous ressentez la douleur, mais trouvez en vous la force de dire: «Gloire à Dieu!», alors, vous êtes réellement saint. Vous avez trouvé la clef, et malgré qu’elle soit petite, cette clef vous ouvrira une grande porte. Cette clef ouvre la porte du Règne de Dieu, où tout est saint."

samedi 28 juillet 2018

Rendre grâce à Dieu pour tout !

Son Éminence le Métropolite Athanasios de Limassol,
Souvent je demande à ceux qui viennent à moi:

– Quelle est votre relation à Dieu?
Ils répondent alors:
– Très bonne Père! Très bonne. Tout ce que je Lui demande, Il me l’accorde! Il suffit que je prie Dieu et Il exauce mes demandes! Nous avons une belle maison, nous sommes en bonne santé, tout va bien pour nous, et nous sommes très contents de Dieu!
Mais quand surviennent les problèmes, qu’arrive-t-il? On ne peut dire qu’on entretient une bonne relation à Dieu seulement parce que nous allons bien!?  Il s’agit d’une relation à Dieu incorrecte. Celui qui pense de la sorte est un homme malade. De manière générale, le sentiment de gratitude est tout à fait insuffisant dans notre vie quotidienne. Au temps jadis les gens étaient plus simples, humbles et sincères et ils remerciaient Dieu pour tout…
Que chacun y réfléchisse un peu. Quand nous émergeons du sommeil, le matin, lequel d’entre nous dit : «Gloire à Dieu! Je te rends grâce, Christ, mon Dieu, de m’avoir permis de m’éveiller»? Nous ouvrons les yeux et commençons à gémir : «Oooh Panagia!» Nous nous précipitons hors du lit, nous nous lavons, prenons un petit déjeuner, et nous sortons… Pas une minute pour rendre grâce. (extrait de la SOURCE)

dimanche 22 juillet 2018

St Jean de Kronstadt : le secret de son chemin


[…] Nous devons nous souvenir de la difficulté de son exploit ascétique![celui de St Jean de Kronstadt] Nos grands saints, Saint Serge, Saint Seraphim, et les autres s’éloignèrent du bruit et de l’agitation de ce monde, mais toute la vie, tout l’apostolat du Père Jean se déroula dans le monde, au milieu des masses populaires.
Et il nous indiqua lui-même la clé, le secret de son chemin. Ayant commencé celui-ci par son humble service de prêtre ordinaire à la Cathédrale Saint André de Kronstadt, il dirigea toutes ses forces et toute son attention vers ce que l’on appelle «l’homme intérieur». Il a raconté par la suite qu’il avait fermement décidé, dès le premier jour de son sacerdoce, de s’observer lui-même, de se plonger sans cesse en lui-même, de se contrôler sans relâche. Se livrant à cette inspection permanente, il s’efforçait de couper net tout mouvement pécheur, toute impulsion vers le péché, dès qu’il les décelait en son cœur. […] dès qu’il remarquait en lui les mouvements du péché, car il y en avait en lui aussi, il était un homme, comme nous, il les arrêtait et engageait une lutte très dure avec l’ennemi, le tentateur.[…] (extrait de la source)

lundi 16 juillet 2018

Le rôle premier de l’invisible dans la vie

Affermis dans ton esprit et dans ton cœur cette vérité que l'invisible joue le premier rôle dans le monde entier, dans tout être; et que lorsque l'invisible quitte un certain être, celui-ci perd la vie et est détruit de sorte que le visible dans les êtres, sans l'invisible, ne forme qu'une masse de terre. Moi et tous les hommes vivent à travers une  cause invisible première : Dieu.
St Jean de Kronstadt 

dimanche 8 juillet 2018

Après la Résurrection...

« Après la résurrection, nos corps seront spirituels, et non terrestres, tout ce qui est terrestre restera sur la terre. Nous souvenant de ce que sera notre future demeure, alors amis Chrétiens, détachons -nous progressivement de tout ce qui est terrestre »

St Jean de Cronstadt