lundi 7 mars 2016

L'illusion de pouvoir changer sans l'aide de Dieu par Mère SILOUANA VLAD

D’un autre côté, nous devons assumer cette responsabilité de ce travail en synergie avec Dieu.

 "Quand quelqu’un est sur le point de mourir, on ne peut pas dire qu’il assume la responsabilité qu’on lui mette un masque dbxygène sur le visage. Non, il respire tout simplement. Donc, quand nous comprenons notre faiblesse, quand nous nous rendons compte combien nous sommes formatés à être impuissants, nous allons pouvoir dire : << Viens, Seigneur ! >> C’est là où on doit arriver, on doit prendre conscience de sa propre faiblesse. Et on n’aura pas besoin qu’on nous ap-prenne à prier car en arrivant "chez soi” on va le faire tout naturellement. Mes talents, ce sont aussi tous ces défauts, cet héritage, cette levure du calice de la vie qui est arrivé à moi ; le calice avec la lie (Ps 75,8) de mes péchés, du péché intérieur hérité de mes parents comme impuissance de la nature humaine, ainsi que le péché qui vient de l'extérieur, par l’apprentissage des mauvaises habitudes. On doit donner à Dieu cette lie afin qu’Il la transforme en vin pur. Mais cela signifie que je dois moi aussi boire avec Lui, jusqu’à la lie, le calice de ma vie. La pression qui vient autant de l’intérieur, que de l’extérieur, a fait que mon sang, ma vie, sont chargés de misère, et lorsque je dis << Mon Dieu, je ne peux rien faire >>, le simple fait de vivre cette conviction est déjà une prière, c’est le début de la prière. C’est la descente dans l’enfer qui est en moi, la prise de conscience de mon impuissance et de la souffrance que me donne l'illusion que je pourrais faire quelque chose sans Dieu, ou bien que je pourrais faire quelque chose par moi-même : << Mon Dieu, attends un peu, je vais d'abord arrêter de fumer et après je viendrai à l’Église. » C’est l’illusion de l'ego qui nous y plonge car il ne veut pas renoncer aux plaisirs qu’il substitue à notre soif de joie."

EXTRAIT de
Ma première véritable rencontre avec le Christ .. au coeur de mon enfer de  aux éditions Apostolia. de Mère Silouana (Vlad) du Monastère de Saint-Silouane-l'Athonite à Iassy



dimanche 6 mars 2016

Règle d’attention pour celui qui vit dans le monde

Saint Ignace (Briantchaninov) (1807-1867)

Écrit pour le laïc pieux ayant le désir de mener dans le monde une vie attentive.

L’âme de tous les exercices spirituels est l’attention. Sans l’attention, ces exercices sont stériles et morts. Celui qui désire être sauvé doit se mettre dans une attitude qui lui permette de garder l’attention vers soi non seulement dans la solitude mais également dans la distraction provoquée parfois par les circonstances. Que le poids de la crainte de Dieu surpasse toutes les autres impressions dans son âme : alors il lui sera facile de garder l’attention à soi que ce soit dans la solitude de sa chambre comme au milieu du bruit du monde.
La prise de nourriture mesurée, la diminution de l’échauffement du sang contribuent beaucoup à l’attention à soi ; tandis que l’échauffement du sang – qui provient d’une alimentation excessive et de mouvements exagérés, de l’inflammation de la colère, de l’ivresse de la vanité et d’autres causes encore - engendre une quantité de pensées et de rêveries, autrement dit, la dispersion. Les saints pères prescrivent à celui qui veut pratiquer l’attention de commencer par une tempérance mesurée, égale et constante dans l’alimentation.
Au réveil – à l’image du réveil de la mort, qui attend toute personne – dirige tes pensées vers Dieu, apporte Lui en sacrifice tes pensées naissantes…



lundi 29 février 2016

Comme la lune croît et décroît, le pécheur… par St Jean de Karpathos


La lune qui croît et décroît illustre la condition de l'homme : 
parfois il fait ce qui est juste, parfois il pèche, puis par le repentir il revient à une vie sainte. L'intelligence de celui qui pèche n'est pas détruite (comme certains le pensent), tout comme la taille physique de la lune ne diminue pas, mais seulement sa lumière. Par le repentir un homme retrouve sa véritable splendeur, juste comme la lune après la période de déclin  se revêt une fois de plus de sa pleine lumière. Si un homme croit en Christ, «quand il serait mort, il vivra» (Jean 11:25); il saura que « Moi, le Seigneur, je l’ai dit, et je le ferai » (Ézékiel,17: 24).
St Jean de Karpathos

samedi 16 janvier 2016

Les passions inguérissables ? "non pas faute de pouvoir, mais faute de vouloir" par St Jean Chrysostome



"Comme il y a des blessures incurables qui ne cèdent ni aux remèdes énergiques ni à ceux qui ont pour effet d'adoucir; de même quand une âme est une fois devenue captive du démon, qu'elle s'est livrée à quelque péché et qu'elle ne veut plus même comprendre son intérêt, alors on a beau lui prodiguer les instructions et les conseils, c'est peine perdue, et elle ne retire pas plus d'utilité de l'exhortation que si le sens de l'ouïe était mort en elle, ce qui arrive non pas faute de pouvoir, mais faute de vouloir. C'est en quoi les vices de la volonté diffèrent des infirmités du corps. Car pour ce qui est du corps les affections qui viennent de la nature sont la plupart du temps inguérissables; il en est tout autrement de la volonté libre. Si mauvais que l'on soit, on peut, si l'on veut, changer et devenir bon, et l'on peut également, quoique bon, glisser au mal si l'on se néglige." 
S JEAN CHRYSOSTOME
(Homélie XIX sur la Genèse) 

mardi 1 décembre 2015

Pas de "guerre juste" mais…



« Le combat contre le mal requiert un grand discernement, car comment s’y opposer sans commettre soi-même des actes répréhensibles dont chaque conflit armé offre une large palette? Comment faire usage de la force sans céder à la violence? Tâche redoutable que celle du soldat chrétien! Dans sa position d’intermédiaire entre l’agresseur et l’agressé, il lui revient d’agir avec droiture, prêt à défendre l’innocent, mais sans anéantir ou blesser physiquement et psychiquement l’adversaire par pure vengeance ou plaisir. Cet immense contrôle de soi revêt une dimension ascétique indéniable. Le courage manifesté dans la retenue ou dans un type d’action mesuré entraîne souvent reproches et critiques de la part des partisans de la violence aveugle et donc coupable, dans la répression des ennemis.
La guerre étant par nature un mal, le terme de guerre juste devient par conséquent abusif et utopique. Toute guerre entraîne en effet dans son sillage de multiples drames personnels et collectifs. Mais de même que Moïse autorise la répudiation d’une épouse dans l’Ancien Testament, ce qui faire dire à Jésus que cette concession répond à la “dureté de cœur” (Mt 19, 8) des hommes, ainsi la guerre est acceptée en raison de la situation particulière du monde, où l’on ne peut laisser certains groupes ou nations agir impunément lorsque des hommes et des femmes sont cruellement opprimés. »

Père Michel Quenot