dimanche 27 janvier 2013

Simplifiez votre vie par l'Ancien Païsios

Les laïcs disent: «Quelle chance ont ces gens riches qui vivent dans des palais et qui ont toutes sortes de commodités» En vérité, bienheureux sont ceux qui ont réussi à simplifier leur vie et se libérer du joug du progrès du monde, des commodités de nombreux qui sont devenus des inconvénients, et se sont par conséquent débarrassé de l'angoisse terrible qui afflige tant de gens aujourd'hui. Si l'homme ne simplifie pas sa vie, il finira par se tourmenter. Mais s’il la simplifie, toute son anxiété disparaîtra.


Un Allemand au Sinaï disait à un jeune bédouin très intelligent, «Vous êtes intelligent, vous pouvez apprendre à lire. – Et alors?  demanda le garçon. – Eh bien, alors vous deviendrez un mécanicien automobile.– Et alors?  répéta le garçon. – Alors vous allez ouvrir un magasin de voitures.– Et alors?  demanda le garçon à nouveau. –  Ensuite, vous vous agrandirez et vous embaucherez d'autres personnes pour travailler pour vous, et vous aurez votre propre personnel.– En d'autres termes, dit le garçon, je vais empiler un mal de tête au-dessus de l'autre. N'est-ce pas mieux maintenant que mon esprit est libre de soucis?» La plupart des maux de tête sont le résultat de toutes ces pensées que nous avons à faire ceci, que nous avons à faire cela ... Mais si nos pensées étaient de nature spirituelle, nous ressentirions la consolation divine et nous serions guéris de ces maux de tête.

En ces jours, je mets l’accent sur la simplicité pour les laïcs aussi, parce que beaucoup de choses qu'ils font ne sont pas nécessaires et ils finissent par être consumés par l'anxiété. Je leur parle de l'austérité et de l'ascèse. Je ne cesse de leur faire cette admonestation : «Si vous voulez vous débarrasser de l'anxiété, simplifiez votre vie!» C'est ainsi que la plupart des divorces commencent. Les gens doivent faire trop de choses, ont trop d'obligations jusqu’au vertige. Les deux parents travaillent et ne s'occupent plus des enfants. Le résultat est la fatigue et la nervosité, il s'ensuit que de petits problèmes  se transforment en grandes querelles puis de façon automatique en divorces ; c'est  par là qu’ils finissent. Mais s’ils avaient simplifié leur vie, ils trouveraient le repos et la joie. Le stress est catastrophique.

Une fois, j'étais dans une maison très chic où l'on m'a dit dans une conversation: «Nous vivons au paradis, tandis que d'autres sont dans un tel besoin. – Vous vivez dans l'enfer.», ai-je répondu. « Dieu dit à l'homme riche, fou, cette nuit même ton âme te sera redemandée (Luc 12:20). Si le Christ me demandait : «Où dois-je te mettre, dans une maison comme celle-ci ou en prison?» Je répondrais: «Dans un cachot obscur. »



Parce que le cachot me ferait du bien, il pourrait me rappeler le Christ, les saints martyrs, les ascètes qui vivaient dans les trous de la terre, cela me rappellerait la vie monastique. Le cachot ressemblerait un peu à ma cellule et je serais heureux. Mais que pourrait me rappeler un tel palace et en quoi cela m'aiderait-il ? C'est pourquoi je trouve des cellules de prison beaucoup plus reposantes qu'un salon mondain. Je les trouve  même plus reposantes qu’une belle cellule monastique. Je préfère passer  mille nuits dans une cellule de prison, qu’une seule  journée dans une maison en peluche.»

Une jour, quand j'étais avec un ami à Athènes, il m'a demandé de recevoir un père de famille qui ne pouvait me voir que très tôt le matin, à l'aube, parce que c'était le seul moment  qu'il avait de libre. Il est arrivé dans une bonne humeur qui louait Dieu en chaque mot. Il était plein d'humilité et de simplicité et me supplia de prier pour sa famille. Ce frère, qui avait environ trente-huit ans, avait eu sept enfants. À la maison, ils étaient onze âmes, parce que ses parents vivaient avec lui, et ils partageaient tous la même pièce. Il parlait avec une grande simplicité, «La pièce est bien adaptée à nous quand nous nous levons tous, mais quand  nous nous couchons, c’est un peu serré. Dieu merci, nous avons entrepris maintenant de construire une remise pour l'utiliser comme cuisine et cela nous va  bien. Père, dit-il, nous avons au moins un toit sur notre tête, tandis que d'autres personnes vivent à l'air libre.» L'homme était un repasseur. Il  vivait à Athènes et devait partir tous les jours avant l'aube pour arriver au Pirée  à temps pour son travail dans un magasin de nettoyage à sec.

Il souffrait de varices  à force de se tenir tout le temps debout  et ses jambes le faisaient beaucoup souffrir, mais son amour pour sa famille lui faisait oublier sa douleur et son inconfort. En fait, ce dont il se plaignait constamment c’était de ne pas avoir, disait-il, le moindre amour dans son cœur, parce qu'il ne faisait pas  d’actes de charité chrétienne. En revanche il faisait l'éloge de sa femme pour sa charité. Apparemment, en plus de prendre soin de ses enfants et de ses beaux-parents, elle lavait les vêtements de quelques vieux du quartier, mettaient de l’ordre  dans  leurs maisons et même leur faisait un peu de cuisine comme de la soupe.

 On pouvait voir la Grâce divine peinte sur le visage de cet homme de bonne famille. Il avait le Christ dans son cœur et était plein de joie, tout comme sa maison avec sa  pièce unique  était  remplie de bonheur céleste. Comparez cet homme avec des gens qui n'ont pas le Christ dans leur cœur, ils sont remplis d'anxiété. Prenez en deux et mettez-les dans une maison assez  grande pour onze personnes; ils ne trouveront pas le moyen de s'y adapter.
Il arrive parfois que certaines personnes même spirituelles ne sont pas capables de vivre ensemble, quel que soit l’espace dont ils disposent, parce qu'ils n'ont pas la plénitude du Christ dans leur cœur. 

Si les femmes de Pharasa pouvaient voir notre luxe, en particulier dans certains monastères, elles diraient: «Nous avons abandonné Dieu et Il enverra le feu sur nous pour nous brûler!"

Je me souviens de les avoir vu exécuter toutes leurs tâches en quelques secondes. Elles devaient d'abord faire sortir les chèvres  dans la matinée, puis s’occuper de la maison. Après cela, elles allaient aux Chapelles ou se rassemblaient dans des grottes et celles qui savaient lire lisaient la Vie des Saints du jour. Ensuite, elles faisaient leurs métanies et disaient la Prière de Jésus. Puis elles allaient travailler et travailler sans sentir la fatigue. 
A  cette époque, une femme devait savoir comment raccommoder les vêtements.
Et elles raccommodaient  les vêtements à la main ; il y avait quelques machines à coudre dans les villes, mais pas dans les villages, et si je me souviens bien, dans toute la ville de Pharasa il y en avait une, peut-être deux, qui étaient à usage familial pour coudre des vêtements qui étaient très confortables à porter. Elles tricotaient également des chaussettes à la main. Elles faisaient les choses avec soin et amour (μεράκι)  mais elles avaient  aussi assez de temps pour toutes ces tâches parce qu'elles faisaient les choses d'une manière simple. Les habitants de Pharasa  ne s'encombraient pas de détails. Ils appréciaient la joie de la vie monastique. Et si, par exemple, la couverture pendait d’un côté du lit plus que l'autre et que vous en faisiez la remarque en leur enjoignant de redresser la couverture, ils répondaient: «Pourquoi, ça vous empêche de prier?»



Ce genre de vie monastique joyeuse est aujourd'hui inconnu. La plupart des gens croient qu'ils ne doivent pas aller au devant de quelque difficulté que ce soit, ou être privé de quoi que ce soit. Mais s'ils pensaient en termes monastiques et vivaient avec plus de simplicité, ils pourraient  trouver la paix qu'ils recherchent. Au lieu de cela, ils sont remplis d'angoisse et de désespoir.

Ils disent: «Untel a bien réussi car il a construit deux immeubles avec des appartements, ou parce qu'il a appris cinq langues, et ainsi de suite. Et je n'ai même pas mon propre appartement et je ne parle même pas une langue étrangère. Oh, je ne suis bon à rien. Une personne qui a une voiture se dit:« Celui-là a une meilleure voiture que la mienne ! Je devrais en acheter une aussi. » Alors il achète une meilleure voiture, mais il ne ressent pas vraiment de joie parce que quelqu'un d'autre en possède une encore meilleure.   Il achète alors une voiture encore meilleure, mais ensuite... il apprend que d'autres ont leurs propres avions privés et il est à nouveau malheureux.

Il n'y a pas de fin à cela. Mais une personne qui ne possède pas de voiture se réjouit quand il loue Dieu. «Dieu merci, dit-il, même si je n'ai pas de voiture, j'ai de bonnes jambes et je peux marcher. Combien de personnes y a-t-il dans le monde qui n'ont pas de jambes et ne peuvent pas s’occuper de leurs besoins et faire des promenades? J'ai au moins mes jambes! » Et un boiteux se dit :« Il y a des gens à qui manquent les deux jambes... », et il se réjouit d’avoir les siennes.

L'ingratitude et la cupidité sont la cause de beaucoup de maux. La personne qui possède trop de choses est possédée par ces choses matérielles et est toujours possédée par les soucis et l'anxiété parce qu'elle tremble à la pensée qu'elle pourrait perdre à la fois ses biens et son âme. Un homme richement  vêtu est venu d'Athènes et m'a dit: «Père, mes enfants ne m'écoutent plus, je les ai perdus. – Combien d'enfants avez-vous, lui ai-je demandé. – Deux, m’a-t-il dit. Je les ai élevés dans le luxe. Ils avaient tout ce qu'ils voulaient. Je leur ai même acheté une voiture » Au cours de la conversation, j'ai découvert que lui et sa femme avaient chacun leur propre voiture. « Cher homme, ai-je dit, au lieu de résoudre vos problèmes, vous n’avez fait qu'empirer les choses. Maintenant, vous avez besoin d'un grand garage pour mettre toutes ces voitures et d'un mécanicien pour s’en occuper. Cela vous coûtera donc quatre fois plus et en outre tous les quatre, vous risquez de vous tuer à tout moment. Au contraire, si vous aviez simplifié votre vie, votre famille serait unie et vous vous comprendriez  les uns les autres, et vous n’auriez aucun des problèmes que vous décrivez. Ce n'est pas la faute de vos enfants. Il est de votre faute de ne pas avoir essayé de les éduquer d’une autre façon. Une famille n'a pas besoin de quatre voitures, d’un vaste garage et d’un mécanicien et ainsi de suite. Qu'importe si l'un de vous  se rend  à destination un peu en retard ! Tous ces avantages engendrent des difficultés.» 

Un autre homme père de famille est venu une fois à ma Kalyve, (Καλύβι  = cabane, cellule de moine). Il avait une famille de cinq ans. Il m'a dit: « Père, nous avons une voiture et nous envisageons d'en acheter deux autres. Cela nous aiderait beaucoup. » J'ai dit: «  Avez-vous pensé aux  difficultés que cela va engendrer dans votre vie? Si vous n’avez qu’une voiture, vous pouvez facilement la garer quelque part, où allez-vous en mettre trois? Vous aurez besoin d'un garage et d'un réservoir supplémentaire de carburant. Et en plus, vous mettrez votre vie en danger. Il est préférable d'avoir une seule voiture et de limiter vos déplacements. Vous aurez le temps de voir vos enfants. Votre esprit sera en paix. Simplifier sa vie est la chose la plus importante. – Je n'avais jamais pensé à ça. » me répondit-il.


«Geronda (Γέροντα  = ancien), un homme nous a dit que deux fois, il n’a pas pu arrêter l’alarme de sa voiture. La première fois cela était dû à une mouche et la deuxième fois, il a essayé de monter dans la voiture du mauvais côté…»

La vie des gens  est une pure misère parce qu’ils ne simplifient pas les choses. La plupart des commodités que nous avons nous causent des ennuis. Ceux qui vivent dans le monde s’étouffent souvent de cette abondance. Ils ont rempli leur vie avec des gadgets  et des appareils, mais cela ne fait que la rendre plus difficile à apprécier. Si nous ne simplifions pas les choses, un confort donnera lieu à de nombreux ennuis et nous en deviendrons malheureux.
Quand nous étions petits, nous avions l’habitude de couper une bobine à une extrémité  et d’y introduire un taquet, et elle se transformait pour nous en un jeu sympathique et agréable. Les petits enfants tirent plus de plaisir à jouer avec une petite voiture que leur père ne peut jouir de sa nouvelle Mercedes. Si l'on demande à une petite fille: «Que veux-tu, une poupée ou un immeuble? », Vous verrez qu'elle va dire « Une poupée ! ». Mais à la fin, les petits enfants aussi apprennent à connaître la vanité du monde.

– Geronda, qu’est-ce qui aide le plus lorsque l'on cherche à saisir la joie de l'austérité?

– Ce qui nous y emmène c’est de parvenir à saisir le sens profond de la vie. « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice et toutes ces choses vous seront données par surcroît ». (Mt 6:33). La simplicité commence à partir de là, et il en est ainsi d'une approche appropriée de la vie.»

(Extrait de «Avec douleur et amour pour l'homme contemporain"* de P. Païsios version française à partir de l'anglais par Maxime le minime de la source)
*traduit et édité désormais en français (meilleur que celui de ma traduction) par le monastère Saint-Jean-le-théologien Souroti de Thessalonique.  et en vente aux monastères St Antoine, de la Transfiguration et de Solan)



samedi 19 janvier 2013

Le Royaume de Dieu est celui des enfants

"Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? »  Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux,  et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux.  Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux.  Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c'est moi qu'il accueille." (Matt. 18; 1-5)


"Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point. Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains" (Marc 10; 14-16)

"Mais Jésus les appela en disant : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas. »" (Luc 18; 16-17)

lundi 14 janvier 2013

L'habillement liturgique du prêtre orthodoxe

 

La bande-son n'est pas toujours très adéquate ni très liturgique mais la vidéo est très pieuse et respectueuse de la solennité de l'habillement du prêtre et des prières qu'il prononce à ce moment-là.


Le prêtre dit en bénissant l’aube (sticharion) :
Béni soit notre Dieu en tout temps, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Mon âme se réjouira dans le Seigneur, car il m’a revêtu des vêtements du salut, il m’a couvert d’une tunique d’allégresse, comme un fiancé, il m’a ceint le front d’une couronne, comme une fiancée, il m’a paré de beauté. (Is 61, 10)

Il bénit de même chaque vêtement en disant:

Sur l’étole:

 Béni soit Dieu qui verse sa grâce sur ses prêtres, comme une huile odorante répandue sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, le long de son vêtement. (Ps 132, 2)

Sur l’epigonation (s’il y a droit):

Vaillant guerrier, ceins ton épée sur ta hanche, éblouissant sur ta monture, élance-toi, pour défendre la vérité, la douceur et la justice; sa Droite te guidera merveilleusement, en tout temps, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. (Ps 44, 4-5)

Sur la ceinture:

Béni soit Dieu qui m’a revêtu de force, c’est lui qui a disposé mon chemin dans l’innocence, qui a rendu mes pieds agiles comme ceux du chamois, qui m’a établi sur les hauteurs des montagnes, en tout temps, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. (Ps 17, 33-34)

Sur la manchette droite:

Ta Droite, Seigneur, magnifique en puissance, ta Droite, Seigneur, écrase l’ennemi; dans la plénitude de ta gloire tu as renversé les adversaires. (Ex 15, 6-7)

Sur la manchette gauche:

Tes mains m’ont créé, elles m’ont formé: donne-moi l’intelligence pour que j’apprenne tes commandements. (Ps 118, 73)

Sur le phélonion ou chasuble:

 Tes prêtres, Seigneur, se revêtent de justice et tes saints tressaillent de joie, en tout temps, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. (Ps 131, 9)

Les célébrants se lavent les mains en disant:

 Je lave mes mains dans l’innocence et je fais le tour de ton autel, ô Seigneur. Ainsi j’entendrai les accents de tes louanges et je proclamerai tes merveilles. Seigneur, j’ai aimé le lieu où tu demeures, le séjour où réside ta gloire. N’enlève pas mon âme avec celles des pécheurs, ni ma vie avec celle des hommes de sang, qui ont les mains tachées par les crimes, même quand leur droite est pleine de présents. Moi, je marche dans l’intégrité, délivre-moi et fais-moi grâce. Mon pied sera ferme dans la voie droite, je bénirai le Seigneur dans les Églises saintes. (Ps 25, 6-12)

samedi 5 janvier 2013

Un beau mariage... entre un homme et une femme !

Comme avant... il y a longtemps ?


Un mariage dans la communauté des Vieux-Croyants russes réfugiés autrefois en Roumanie, l'une des plus grandes dans le monde et même le centre spirituel des vieux-croyants situé à Braila. Un témoignage irremplaçable ! Et de beaux chants traditionnels comme il en existait partout naguère dans toute l'Europe.