vendredi 18 novembre 2011

Le jeûne de Noël: Quand, pourquoi et comment?


La deuxième longue période de jeûne après le Grand Carême est le jeûne de Noël. Il dure aussi quarante jours, mais n’a pas le même caractère d’austérité que le jeûne d'avant Pâques. Il commence le 15 Novembre et se termine le 24 Décembre.

La célébration de la naissance dans la chair de notre Seigneur Jésus-Christ est la deuxième fête majeure des chrétiens.

C’est vers le milieu du quatrième siècle qu’elle a été instituée dans les Églises d'Orient... On y célébrait jusque là le même jour  –   le 6 janvier –   la naissance et le baptême du Christ. Ce n’est que vers la fin du IV° s. qu’on a introduit, en provenance d’Occident, la fête de Noël le 25 décembre.

Originellement donc les fêtes de la nativité, de la circoncision et du baptême du Christ étaient célébrées ensemble. Désormais la Nativité se fête séparément le 25 décembre tandis que l’on a conservé la simultanéité de la circoncision et du baptême le 6 janvier.
La grande importance qu’ a prise cette nouvelle célébration de la Nativité, mise à part, chez les fidèles comme chez les moines, a eu pour conséquence que l’on a institué également pour cette fête un jeûne important selon le modèle du Grand Carême précédant Pâques.

Ce  jeûne préparant à la célébration de l’anniversaire du Christ s’est d’abord appelé "jeûne de St Martin" en Occident, vu sa proximité avec la fête du Saint Apôtre des Gaules tandis qu’en Orient on l’a souvent appelé "jeûne de St Philippe" puisqu’il commençait après la célébration de la fête du Saint Apôtre également.
C’est au V°s que nous trouvons des traces de ce jeûne avant Noël en Occident et au VI°s. en Orient. Des auteurs comme Anastase du Sinaï, le patriarche de Constantinople Nikiforos le Confesseur, saint Théodore le Studite, ainsi que le patriarche d'Antioche Théodore Balsamon le mentionnent dans leurs écrits.

Le jeûne au début, semble-t-il, était de courte durée. Théodore Balsamon, auteur du XIIe siècle nous apprend qu’il ne durait que sept jours à son époque – puisqu’il l’appelle le « jeûne des sept jours ». Mais sous l'influence du jeûne du Grand Carême de Pâques, il a été étendu à quarante jours, sans toutefois avoir la rigueur de celui-là.

En quoi consiste le jeûne ?
Pendant quarante jours, on s’abstient de toute viande, produits laitiers et œufs. En revanche on peut manger du poisson tous les jours – sauf bien sûr le mercredi et le vendredi et ceci jusqu’au 17 décembre. On peut aussi manger du poisson le jour de la fête de la Sainte Mère de Dieu quel que soit le jour. Du 18 au 24 décembre, la veille de la fête, vin et huile sont permis sauf le mercredi et le vendredi. L’abstinence de viande ne concerne pas le 15 novembre et la veille de la fête à moins que cela ne tombe un samedi un dimanche où il faut s’abstenir de tout péché.

« Nous devons non seulement respecter les consignes du jeûne concernant l’alimentation mais également nous abstenir de tout péché, de sorte qu’au jeûne du ventre nous devons ajouter celui de la parole en évitant le mensonge, les polémiques, les moqueries, la colère et tout péché que nous pourrions commettre avec la parole.
Nous devons également pratiquer le jeûne du regard et nous abstenir de regarder des choses vaines.
En fait c’est de tout notre être, quels qu’en soient les mouvements et expressions, que nous devrions jeûner et nous abstenir de tout mal, par tous nos sens, par un saint jeûne agréable à Dieu pour devenir dignes de communier aux saints mystères. » (De Le jeûne de l'Eglise par l'Archimandrite Siméon Koutchma Ed. Ministères apostoliques, pp 88-92) article de Dorothée Gazis (version française de Maxime le minime de source)

mardi 15 novembre 2011

Pourquoi il ne faut pas éteindre trop tôt les bougies allumées par les fidèles dans l’église


On peut lire dans le synaxaire de St Dimitri le Myroblyte (26/10) qu’il y avait un homme du nom d’Onésiphore dont le ministère était, auprès du tombeau du Saint, d’éteindre les bougies allumées devant l’icône par les fidèles venus prier.
Onésiphore avait pour habitude de se hâter d’éteindre les bougies avant qu’elles ne se soient bien consumées.
Une nuit le Saint lui apparut dans son sommeil et lui dit : « Sais-tu que  je n’aime pas ce que tu fais, et sais-tu aussi que de cette façon tu portes préjudice à ceux qui offrent leurs cierges et leurs bougies. Sache que plus les bougies brûlent devant les icônes, plus les péchés de ceux qui les offrent avec foi sont brûlés. En revanche, si tu les enlèves, celui qui les a offerts en perd le bénéfice et toi-même oriente ton âme vers l’enfer. »



Tombeau de St Dimitri

Onésiphore ne donna pas une importance considérable à ce rêve mais il cessa de le faire néanmoins. Une nuit un chrétien apporta deux beaux cierges, les alluma, se prosterna, pria un moment et partit. Onésiphore alors, renouant avec  sa fâcheuse habitude, vint les éteindre. C’est alors qu’il entendit une grosse voix lui dire « Ainsi, tu recommences Onésiphore ? » Onésiphore eut tellement peur qu’il en perdit connaissance mais dès qu’il revint à lui, il se repentit aussitôt et ne recommença jamais, ayant compris comment un acte de piété aussi simple, lorsqu’il est fait avec foi, a un pouvoir énorme. 
(source - version française de Maxime le minime) 

mardi 8 novembre 2011

La "justice divine" et la Paix d'en-Haut par Geronda Aemilianos

"Il arrive parfois que des croyants  sont scandalisés par des méchants et des incroyants. En effet, lorsque nous jetons un coup d'œil autour de nous,  nous voyons que Dieu, selon la logique humaine, répartit de manière très injuste ses bienfaits. Où Il devrait plutôt accorder du bonheur Il ne concède que du malheur. Où Il devrait octroyer la richesse, il donne la pauvreté, et où Il devrait infliger la pauvreté, Il donne la richesse. Lorsque nous attendons sa bénédiction, Il nous gratifie alors  d’un coup dur, tandis qu’en même temps Il maintient les autres dans un perpétuel sourire. Nous sommes amenés à dire, en utilisant une expression moderne, que  Dieu fait toujours des discriminations. Nous sommes scandalisés par cela. Pourquoi ?

Simplement parce que notre cœur est orienté vers toutes ces choses, y adhère, les aime, et y aspire. Mais c’est ailleurs que l’on doit chercher le dénouement de ce drame. Nous ne devrions pas chercher à supprimer cette apparente  discrimination d’injustice apparente. C’est en nous que le changement devrait se produire. Nous devons devenir totalement étrangers  à  l’égard de  l’humain, en tout cas  certainement envers la logique humaine et la pensée humaine, et envers la possession de toutes les bonnes choses. Nous devons être indifférents à l'égard de tout cela. Lorsque nous avons pris de la distance avec  toutes ces choses, alors Dieu peut tout pour nous, car Dieu seul demeure avec nous. Cela nous donne une paix intérieure réelle. Sinon, s’il y a quelque chose dans notre cœur qui n'est pas tourné vers l'autre vie, mais vers celle-ci,  nous ne cesserons pas d'être tourmentés." 
(source  version française de Maxime le minime)

lundi 7 novembre 2011

Laissons les enfants tranquilles...

Extrait d'une interview publiée Par L'Express Styles, le 03/09/2008
"Inscriptions dans les meilleures écoles, surcharge d'activités, etc. La tentation de transformer nos bambins en petits génies est grande... et dangereuse. C'est ce phénomène qu'analyse le journaliste britannique Carl Honoré dans son nouveau livre, Manifeste pour une enfance heureuse.


Carl Honoré
"Tout aurait commencé lors d'une réunion parents-élèves, à Londres, il y a quelques mois. Complimenté par le professeur de dessin sur le travail de son fils de 7 ans, Carl Honoré, journaliste écossais élevé au Canada et vivant à Londres, réagit comme tout papa en de telles circonstances: il rougit de plaisir, se gondole au son de cette douce et si rassurante musique intérieure -"Mon fils est doué!"- avant d'imaginer pour celui-ci, qui n'en demande pas tant, un destin à la Picasso. "Mais, papa, je veux juste dessiner. Pourquoi les adultes doivent-ils toujours tout contrôler?" lance en rentrant de l'école le gamin à son père médusé. Oui, pourquoi vouloir prendre en otage ces années d'insouciance si déterminantes pour l'épanouissement des petits? Sorti en mars dernier en Grande-Bretagne, Manifeste pour une enfance heureuse (éd. Marabout), deuxième livre de Honoré après le remarqué Eloge de la lenteur (50 000 exemplaires vendus en France), se présente comme une réponse à cette pas si naïve interrogation enfantine. Et comme un avertissement adressé à ces trop zélés parents du XXIe siècle - les hyperparents, comme les surnomme Honoré - dans lesquels chacun se retrouvera. " 
LIRE LA SUITE ICI

jeudi 3 novembre 2011

La Voie du Christ, par St Raphaël de Lesbos


St Raphaël de Lesbos

"La Voie du Christ est un peu difficile, mais avec de la patience, de la volonté et de l'humilité, on fait des progrès ... Elle implique la tribulation et la souffrance, sans lesquelles il n'est possible à personne de trouver le chemin ouvert pour le bénéfice de son âme."
(Version française de Maxime le minime
 extrait de Modern Orthodox Saints Saints Raphael, Nicholas and Irene of Lesvos,
 by Constantine Cavarnos, INSTITUTE FOR BYZANTINE AND MODERN STUDIES,
 Belmont, Massachusetts, 1990, pp. 145-155)

mercredi 2 novembre 2011

LES DETTES selon le Saint Apôtre Paul

"Rendez à chacun ce qui lui est dû : à qui vous devez l'impôt, l'impôt ; à qui vous devez les taxes, les taxes ; à qui vous devez la crainte, la crainte ; à qui vous devez l'honneur, l'honneur.
N'ayez de dettes envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi." (Rom. 13,1-8).

jeudi 20 octobre 2011

L'amour de ses enfants

Qu’est-ce qu’aimer vraiment ses enfants ?


Désormais de nos jours, la plupart des parents que nous sommes, voulant donner à leurs enfants confiance en eux-mêmes, pour les rendre forts dans leur vie d’adulte à venir et contribuer au développement de leur personnalité et à l’affirmation de leur singularité, dans un monde où la compétition fait rage, nous sommes continuellement en train d’encourager la moindre de leurs réalisations en les félicitant, en leur disant combien nous sommes fiers d’eux et en leur donnant toutes sortes de récompenses en ces occasions.

> J'avais écrit cet article il y a quelque temps sur mon autre blog Orthodoxe Ordinaire mais il me semble qu'il a bien sa place ici... pour le lire entier cliquez -ICI-

samedi 15 octobre 2011

Le Christ et nous, par St Raphaël de Lesbos


"Ce n'est que là  où le Christ  demeure que se trouve la béatitude. Là où le Christ bénit se trouve le repos céleste.  Là où le Christ tourne son regard bienveillant,  se trouve la vraie joie indicible. Le Christ, avec son amour incessant pour nous et sa grande humilité, nous aime et c'est  de façon invisible qu'Il nous fait sentir  sa réprobation et Il nous rappelle par ses miracles qu'il y a une vie dans le Royaume des Cieux"

(Version française de Maxime le minime
 extrait de Modern Orthodox Saints Saints Raphael, Nicholas and Irene of Lesvos,
 by Constantine Cavarnos, INSTITUTE FOR BYZANTINE AND MODERN STUDIES,
 Belmont, Massachusetts, 1990, pp. 145-155) 

lundi 10 octobre 2011

Nouvelle Page, nouvel onglet dans le blog ! > "PAROLES DE SURVIE" de Jean Dimos

PAROLES de SURVIE


La Parole de Dieu est salvifique, c'est dire qu'elle nous sauve. De quoi  ? A coup sûr de la mort spirituelle c'est à dire de la mort tout court. Le professeur Jean Dimos s'attache à aller chercher pour nous, dans les réserves inépuisables des Saintes Écritures, cette Parole de survie – ainsi a-t-il nommé son site  et ses réflexions sont bien utiles en ces temps de perdition spirituelle. 

samedi 1 octobre 2011

Confessez-vous à un père spirituel expérimenté par St Nicodème L'hagiorite

St Basile le Grand
«Tout d'abord, cherchez à savoir autour de vous qui est le Père spirituel le plus expérimenté, car Basile le Grand  (Regulæ Brevius 229, PG 31, 1236A)  dit que tout comme les gens ne montrent pas leurs maladies et leurs blessures corporelles à n'importe quel médecin, mais [de préférence] à ceux qui sont expérimentés et qui savent comment les traiter, les péchés, pareillement, ne doivent pas être révélés à n'importe qui, mais seulement à ceux qui sont capables de les guérir: La confession des péchés doit être accomplie de la même manière que l’exposé des maladies corporelles. Ainsi comme les hommes ne révèlent leurs maladies du corps qu'à ceux qui sont expérimentés dans leur traitement, et non à tout le monde ni au premier venu, de même la confession des péchés,  également, ne devrait avoir lieu qu'en présence de ceux qui sont capables de les traiter, [car] comme il est écrit : «Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas.» (Rom. 15-1) c'est-à dire éliminez-les [(ces faiblesses)] par vos soins. » St Nicodème l'Hagiorite (Version française par Maxime le minime d'un extrait du site Orthodox info)

jeudi 29 septembre 2011

UNE NOUVELLE PAGE SUR L'EDUCATION ORTHODOXE DES ENFANTS

LES HOMÉLIES DE P. GEORGES MORELLI SUR L’ÉDUCATION DES ENFANTS
Une nouvelle page du blog Vie orthodoxe sur  les enfants
voir le nouvel onglet ci-dessus

dimanche 25 septembre 2011

Le cœur sans Dieu n'est jamais satisfait

"Pourquoi est-ce que nous passons par des périodes de bonheur suivies de périodes de découragement? Cela semble se produire en particulier après un événement joyeux. Cela arrive même à ceux qui ont tout : une belle maison, un bon travail, beaucoup d'amis, et tous les moyens de jouir de toutes sortes de divertissements ou même de vacances exotiques. Pourquoi avons-nous encore l'expérience de la tristesse dans nos vies quand nous sommes autant bénis?




Saint Théophane nous rappelle que nos distractions peuvent faire naître de tels sentiments.
Les distractions, particulièrement celles qui sont agréables, peuvent faire place à la dépression, parce que même si ce ne sont pas des péchés, elles sont incapables de vraiment combler les besoins du cœur.

C’est une chose habituelle pour nous de rechercher à satisfaire ce besoin de contentement profond à travers les activités mondaines : Un match de football, un festival, une pièce de théâtre ou un film, une fête et ainsi de suite. Mais ce ne sont que des satisfactions de surface et qui ne durent que peu de temps eu égard à ce que nous désirons au plus profond de nous-mêmes. Elles forment un cycle de bonheur suivi de tristesse quand cela se termine. Elles ne nous aident pas quant à l'angoisse de la mort à venir et de l'inconnu que cela implique pour nous. Elles nous distraient seulement des questions profondes que notre fin ultime fait naître au plus intime de nous-mêmes. Notre cœur est à la recherche de quelque chose que de telles activités mondaines ne peuvent nous donner. Nous aspirons à une satisfaction que toutes les activités, toutes les richesses, tous les amis, toutes les processions de ce monde ne nous donneront pas.

La vraie joie et le contentement viennent seulement d’une relation profonde avec Dieu. Il est notre but. Notre objectif est d'être uni à Lui pour l'éternité. Avec Lui il n'y a pas de mort. C'est le message de Jésus-Christ. C'est la voie de Sa Vie, Son Enseignement, Sa Crucifixion et Sa Résurrection. Il nous a montré la voie et nous a appelés à le suivre et à nous joindre à Lui. Tant que nous continuons à rechercher l'union avec Dieu, que nous faisons de notre mieux pour réaliser ses commandements, rester humble à ses yeux en cherchant le pardon et la miséricorde pour tous nos faux pas, nous nous rapprochons de plus en plus du bonheur, du vrai bonheur pas celui qui va et vient, de quelque chose qui ne peut pas être nous être enlevé, comme les satisfactions temporaires que nous obtenons de nos divertissements.

Saint Théophane a dit :
"N’oubliez pas Dieu, et remerciez-le pour tout bien être, en acceptant un tel confort comme venant de ses mains ... Dieu sollicite votre cœur une fois pour toutes, et le cœur a le désir de Dieu, car sans Dieu, il n'est jamais satisfait, il s'ennuie ; examinez-vous sous cet angle. Peut-être y trouverez-vous  la porte de la paix de Dieu. Rendez grâce à Dieu pour tout !"
Version  française par Maxime le minime

jeudi 22 septembre 2011

Le Seigneur est Celui qui confesse par l'intermédiaire du prêtre.


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"L'homme dépasse la mesure en beaucoup de domaines; il perd alors sa paix intérieure et éprouve le besoin d'aller se plaindre auprès de quelqu'un. Quand on s'est plaint auprès d'un ami, on se sent mieux aussitôt. Il faut donc aller voir un prêtre car celui-ci est investi de la grâce divine pour vous accorder l'aide nécessaire. En réalité, le Seigneur est Celui qui confesse, le Seigneur est Celui qui célèbre la Liturgie. Le Seigneur est Celui qui ordonne tout ; Il célèbre, Il donne la communion ; Il le fait par l'intermédiaire des prêtres ... Or les gens réfléchissent peu à ce sujet."


dimanche 4 septembre 2011

Le Mariage, aussi merveilleux et unique que la connaissance que le mystique a de Dieu

P. Alexandre Eltchaninoff
"Dans le mariage seul, les êtres humains peuvent pleinement se connaître l'un l'autre : le miracle de sentir, de toucher, de voir la personnalité d'un autre - et cela est aussi merveilleux et unique que la connaissance que le mystique a de Dieu. C'est pour cette raison qu'avant le mariage l'homme survole la vie, l'observe du dehors ; uniquement dans le mariage plonge-toi en elle, y entrant à travers la personnalité d'un autre. Cette joie de connaissance réelle et de vie réelle nous donne ce sentiment de plénitude achevée et de satisfaction par lequel nous sommes plus riches et plus sages"  (in Journal cité par le P. Georges Habra dans Amour et concupiscence)

samedi 27 août 2011

Remèdes contre la vaine gloire par St Jean Cassien

"L'athlète du Christ qui veut lutter vaillamment dans les combats spirituels, doit se hâter de vaincre la vaine gloire, cette bête cruelle qui prend des formes si différentes. Le moyen de résister à ses attaques si nombreuses, c'est de se rappeler cette parole de David :

« Dieu disperse les ossements de ceux qui veulent plaire aux hommes » (Ps 52, 6). 

Ne nous permettons jamais d'abord de faire quelque chose par un motif de vaine gloire et pour mériter des louanges ; puis, lorsque nous avons commencé quelque bonne action, efforçons-nous de conserver la pureté de notre intention, de peur que la vanité ne vienne gâter le fruit de nos travaux. Nous devons éviter aussi, dans nos rapports avec nos frères, tout ce qui sortirait des règles ordinaires, tout ce qui pourrait nous faire remarquer et nous attirer l'estime particulière des hommes. Ce serait la preuve la plus certaine que nous sommes atteints de cette maladie mortelle de la vaine gloire. Nous pourrons facilement y échapper, si nous considérons que non seulement nous perdrons le fruit de tout ce que nous aurons entrepris par un motif de vanité, mais encore que nous nous rendrons coupables d'un crime qui méritera des supplices éternels, comme les sacrilèges, puisque nous aurons outragé Dieu, en faisant, pour plaire aux hommes, ce que nous devions faire pour lui seul, et Celui qui voit le secret des coeurs nous convaincra d'avoir préféré les hommes à Dieu, et la gloire du monde à celle qu'il nous prépare." (St Cassien Institutions 11)

mercredi 8 juin 2011

Le Starets n’applique pas de règles abstraites provenant d'un livre


"La relation entre le père spirituel et ses enfants est très variable. Certains visitent un Starets peut-être seulement une ou deux fois dans une vie, à un moment de crise particulière, tandis que d'autres sont en contact régulier avec leurs Starets, le voyant tous les mois ou même tous les jours. Aucune règle ne peut être fixée à l'avance, l'association se développe d’elle-même sous la direction immédiate de l'Esprit.
La relation est toujours personnelle. Le Starets n’applique pas de règles abstraites provenant d'un livre, comme dans la casuistique de la Contre-Réforme catholique, mais il voit en chaque occasion particulière cet homme ou cette femme qui est devant lui, et illuminé par l'Esprit, il cherche uniquement à transmettre la volonté de Dieu, spécifiquement pour cette personne unique."              LIRE L'ARTICLE en entier

(Version française de Maxime le minime de l’article du site http://www.pigizois.net/agglika/What_is_an_Elder.htm)

mardi 24 mai 2011

Comme le corps a des oreilles, ainsi en est-il de l'âme...

St Tikhon de Zadonsk
« Comme le corps a des oreilles, ainsi en est-il de l'âme. Tout le monde n’ouvre pas ses oreilles, de même toutes les âmes ne le font pas non plus. Dieu commande à l'âme : ne tue pas, ne vole pas, ne commets pas d'adultère, détourne-toi du mal et fais le bien, etc. L'âme dont les oreilles sont ouvertes, entend et écoute la parole de Dieu et fait ce que Dieu ordonne. Vraiment, une telle âme, ne peut qu’entendre Dieu et obéir à ses commandements, si elle a ses oreilles ouvertes. Les hommes écoutent et accomplissent les commandements des rois de la terre et des moindres autorités, et une âme n’écoutera pas la parole de Dieu si elle a les oreilles ouvertes ? Evidemment oui  ! Et avec quelle ferveur et quelle joie n'écoutera-t-elle pas et ne Lui dira-elle pas  : « Mon cœur est prêt, O Dieu, mon cœur est prêt » (Ps. 107:2) »

vendredi 6 mai 2011

Seul l'Esprit Saint peut juger nos âmes, personne d'autre n'a ce droit.


"Essayez de toujours veiller à ce que la prière de Jésus-Christ s’intègre à votre cycle quotidien, à votre travail, à chacun de vos souffles et à tous vos sens. Alors oui, comme votre cœur va se réjouir ! Quel bonheur vous allez ressentir parce que votre esprit s'élèvera vers les cieux ! C’est pourquoi il ne faut pas oublier de toujours dire : «Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi.»
Quand vous chanterez, vous aurez la compréhension des hymnes ; ce qui aura pour conséquence que vous aurez le désir et probablement la voix et l'humilité pour donner en retour les paroles de Dieu. Ainsi, ne pas faites davantage injure à votre âme, mais dans le secret de votre intimité dîtes la prière « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi » ...
Lorsque vous travaillez, ne laissez pas votre travail absorber toutes vos pensées et votre énergie, mais dites la prière à voix basse. Il s’en suivra que vos travaux seront bons, sans erreur, que vos idées seront claires, et que les performances de votre travail en seront améliorées. Allez-y, alors, dites la prière de Jésus-Christ, afin que vos travaux soient bénis, « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi ».

Le Saint-Esprit protège l'âme qui prie. Il entre dans les profondeurs de l'âme, Il a le contrôle sur le monde intérieur de l'âme et l'oriente vers la sainte volonté de Dieu. Ce n'est qu'alors que l'âme a le pouvoir de dire, avec le Prophète: « Bénis le Seigneur, ô mon âme, et tout ce qui est en moi bénisse son saint nom! » (Ps. 103, 1). Allez-y, priez: « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi », vous aurez ainsi la protection du Saint-Esprit.
Lorsque le Saint-Esprit protège votre âme, vous vous sentez rempli et humble. Vous n’êtes pas affectés par l'injustice, l'ironie ou la louange. Vous vivez dans une atmosphère spirituelle que le virus du péché ne peut pas pénétrer. Seul l'Esprit Saint peut juger nos âmes, personne d'autre n'a ce droit. L'Esprit Saint nous donne un regard neuf et un raisonnement neuf. Dites la prière souvent, ainsi vous pourrez vivre dans l’assurance quel que soit votre environnement « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi. » 
ANCIEN JOSEPH

dimanche 17 avril 2011

Quatre choses essentielles pour notre combat spirituel

Saint Hesychius donne ce conseil pour notre lutte pour surmonter les passions :



"Celui qui est engagé dans le combat spirituel doit cultiver à chaque instant les quatre éléments suivants : l'humilité, une extrême attention, la réfutation (des pensées) et la prière."

L' humilité, dans la mesure où ses adversaires au combat sont les démons de l'orgueil, de sorte qu'il lui faudra à portée de main l’aide du Christ dans son cœur, car « le Seigneur résiste aux orgueilleux. » (Jacques 4:6; 05:05 1Pierre)

La vigilance, de sorte que l'on ne permettra pas au cœur de laisser la moindre pensée s’installer, quelque bonne qu’elle paraisse.

Le rejet, de sorte que, dès que l'on a détecté la venue d’une pensée, on puisse la repousser immédiatement avec énergie.

La prière, de sorte qu’après avoir réfuté une pensée, on peut supplier le Christ avec «d’ineffables gémissements» (Romains 8:26) Ensuite, l'ascète verra l'ennemi lié ou pourchassé par le noble nom de Jésus, comme la poussière par le vent, ou comme une fumée qui s'évanouit avec ses rêves.

Saint Hesychius ajoute ce qui suit sur l'importance de la prière :
"Celui qui n'a pas une prière libre des pensées est sans arme pour le combat. J’entends par prière une de celles qui sont pratiquées sans cesse dans les profondeurs de l'âme, de sorte que l'ennemi qui nous combat secrètement puisse être vaincu et brûlé par cette invocation du Christ. Car il vous faut regarder avec un œil de l'esprit particulièrement attentif à ce qui le pénètre, et ce faisant, couper immédiatement la tête du serpent par le rejet, tout en appelant le Christ par des gémissements. Grâce à l'expérience, vous parviendrez à connaître l’aide de Dieu, puis vous verrez clairement la véritable condition du cœur."

Saint Théophane conseille dans son commentaire sur l'enseignement de Saint Hésychius :



"Une personne dont la décision d'appartenir au Seigneur est sincère ne peut pas éviter le chemin décrit. Il peut concevoir de grandes œuvres et tourner autour des choses de différentes manières, mais jusqu'à ce qu'il vienne dans cette voie, ce sera sans résultat. Je vous indique directement la voie afin que vous n’erriez pas dans toutes les directions. Soyez plus diligents dans votre entreprise, et vous trouverez le succès. Cependant, vous devez œuvrer de toutes vos forces, parce que sans efforts il n'y aura rien."

mercredi 6 avril 2011

La vie orthodoxe... dans un pays orthodoxe !

C'est ça aussi la vie orthodoxe.
Ça, c'était un (bon) début de Carême...à Kalymnos !



jeudi 24 mars 2011

"Nous avons besoin de faire un pas et Dieu alors en fera dix" par Père Moïse de l'Athos

L'Ancien Porphyrios - Témoignage et expériences
Conversations avec des amis grecs et chypriotes 


P. Moïse de la Skite
St Panteleimon
de l'Athos
K.I. : Père Moïse, comme on peut le constater à la lecture de vos livres, la question de la souffrance est un sujet qui vous préoccupe beaucoup, un sujet important pour vous sur lequel vous vous êtes sérieusement penché ?
L’Ancien Porphyrios, que vous avez connu, était un homme qui a beaucoup souffert et beaucoup aimé.

Père Moïse: Je vous remercie de m'avoir donné cette occasion de parler d'un Ancien, en vérité, à propos de la souffrance et de l'amour. Je vous remercie également de présenter les choses de cette manière, parce que nous parlons parfois de certains événements merveilleux dans la vie d'une figure vertueuse et nous sommes impressionnés ou bien nous sommes remplis d'enthousiasme, voire d'extase. Nous oublions que, pour y arriver, ils ont eu une longue lutte d’ascèse, humble, et déterminée.

Cet ascétisme n'est certainement pas un but en soi mais c'est un moyen de parvenir à la fin, qui est la sainteté, la theosis, la participation de l'homme, par la grâce, en Dieu. Ainsi cette pauvre petite personne peut devenir comme le fer qui tombe dans le feu et devient lui-même le feu.

Comme les textes patristiques nous le disent, vous devez donner du sang pour recevoir l'esprit. La vie spirituelle n'est pas une conversation de salon, une conversation philosophique sur Dieu sans avoir ressenti Dieu. Pour que nous puissions devenir libre et parvenir à la bénédiction de Dieu comme ses enfants dans la grâce et la joie de ses bien-aimés, une lutte longue et déterminée d'obéissance dans l'Eglise est nécessaire.

Père Porphyrios était vraiment un homme de vertu. C’est avec beaucoup de modestie et parcimonie, que nous devons parler des événements qui ornent sa vie, sans exagération, sans falsification, mais plutôt avec un sens des responsabilités et de la sobriété, en citant ces choses que nous connaissons bien.

Nous devons d'abord réaliser que les saints vivent dans notre siècle, que les saints sont à côté de nous, que la sainteté est possible et qu’elle est réalisée après une discrète et humble lutte ascétique.

Père Porphyrios a atteint un niveau élevé de vertu. Il y est parvenu, car il a maintenu une grande pureté dans sa vie. Il y est parvenu, car il était très humble. Il y est parvenu, car il était très obéissant. Il a vécu avec des Anciens exigeants à Kavsokalyvia sur la Sainte Montagne jusqu'à ce qu’une grave maladie le sépare de sa chère Sainte Montagne et l'amène auprès du monde, pour devenir un guérisseur de personnes, non seulement de leur maladie spirituelle et leur péché (car il était un bon père spirituel), mais aussi de leurs maux corporels.

Il avait beaucoup d'amour qui découlait avant tout de son amour envers Dieu. L'amour chrétien a toujours deux natures: vous ne pouvez pas aimer l'homme, si vous n'avez pas l'amour de Dieu et vous ne pouvez pas aimer Dieu sans aimer l'homme.

Ainsi, l’Ancien Porphyrios, surtout vers la fin de sa vie, s'est entièrement consacré aux personnes. Ils venaient à lui par dizaines et par centaines pour être consolés par ses conseils et par son don de clairvoyance que Dieu donne à ceux qui sont purs et qui en sont dignes. Il s'agit d'un don de Dieu, qu’Il donne aux humbles et à ceux qui savent le conserver ainsi. Dieu ne veut pas accorder ce don à ceux qui n’en sont pas dignes, car alors il deviendrait une arme meurtrière.

L’Ancien nous montre de la façon la plus claire et indubitable que la sainteté existe dans notre siècle. Si le monde manque de saints, alors le monde manque de sens. Les saints soutiennent le monde et le plus important besoin du monde est la sainteté. Nous sommes soutenus par la sainteté, nous sommes soutenus par les saints. Voyez-vous quel pouvoir et quelle richesse une personne sainte comme l’Ancien Porphyrios constitue pour l'Eglise et pour le monde?
Je vais dire quelque chose sur mes rencontres avec l’Ancien Porphyrios.

KI : Nous allons écouter ce que vous avez à nous dire sur l’Ancien Porphyrios avec grand plaisir. Je suis vraiment ému, Père Moïse, par ce que vous nous avez dit de l’Ancien Porphyrios.

Père Moïse : Mes rencontres avec l’Ancien Porphyrios m'ont laissé ces choses que je viens de mentionner.

Une fois, quand j'étais malade, je suis allé lui rendre visite pour recevoir sa bénédiction. Il m'a dit exactement ce dont je souffrais, alors que les médecins, pendant de nombreuses années, avaient eu beaucoup de difficulté à faire un diagnostic précis. Lorsque, après être revenu de consulter à nouveau des médecins je suis retourné rendre visite à l’Ancien Porphyrios Elder, il m’a dit : «Ce don, mon enfant, ne m’appartient pas, il vient de Dieu. Je dis ce que Dieu me dit, et pas ce que disent mon esprit, mon imagination, mon avis, ou mes autres capacités. »

Ensuite, il a parlé de l'incident suivant : « Il ya quelque temps un professeur d'université qui est venu me rendre visite et il s'est plaint d'un problème qu'il avait. Je lui ai dit, Professeur, ces problèmes proviennent du ventre de votre mère. » Le professeur s’est mis à pleurer. Je lui ai dit : « Vous, un professeur d'université, vous pleurez ? »
«Vous avez raison, Père, m’a-t-il répondu mais vos paroles résonnent très profondément en moi. Ma mère m'a dit que quand j'étais dans son ventre, mon père lui a lancé un coup de pied de sorte qu’elle fasse une fausse couche. » Puis l’Ancien Porphyrios a ajouté: « Étais-je, mon enfant, dans l'utérus de la mère de ce professeur ? Dieu éclaire-moi pour dire ce que je dis. »

Il y a tellement de choses à dire sur l’Ancien Porphyrios que nous pourrions parler pendant des heures.

Je voudrais insister sur l’humilité de Père Porphyrios. Son humilité était si grande que quand il a prévu sa fin, il s'est retiré du monde, afin qu'il ne soit pas honoré à à sa mort, en retournant à l'endroit où il a commencé sa lutte spirituelle à la skite de Kavsokalyvia. C'est une preuve de plus de la richesse de son cœur, qui a attiré la grâce de Dieu et lui a donné de riches bénédictions.
La grâce de Dieu est nécessaire, mais notre lutte personnelle est également nécessaire. Nous avons besoin de faire un pas et Dieu alors en fera dix. Nous avons besoin de travailler, mais pas de croire en nos propres bonnes œuvres, car comme Saint Marc l'Ascète le dit aussi : l'homme n'est pas justifié par ses œuvres.

La coopération est nécessaire; la coopération avec Dieu. Nous devons faire connaître notre volonté, et Dieu se donnera totalement à nous. Il nous donnera tout, si nous le suivons avec bonté et fidélité.

KI: « C'est pourquoi, comme nous en avons l'occasion, faisons du bien à tous, en particulier à ceux qui sont de la maison de la foi. »

(version française par Mamime le minime du site http://www.oodegr.com/english/biblia/Porfyrios_Martyries_Empeiries/B6.htm)

vendredi 11 mars 2011

Transformer les activités quotidiennes de la vie en leçons spirituelles


Nous avons souvent le sentiment que notre vie quotidienne nous détourne de penser à Dieu. C'est une tournure de notre esprit que nous devons apprendre à changer. Notre esprit ne retient des éléments de ce qui nous environne et ne les interprète que selon qu’ils participent à notre bien-être de façon automatique. C’est ainsi en vérité que tout ce que nous percevons est par essence dénué de toute signification spirituelle. Changer cela afin que toute chose soit pour nous un accroissement de notre conscience de Dieu, requiert de notre part un effort d’élévation de notre conscience de sorte que nous cherchions toujours une signification spirituelle à ce que nous percevons par nos sens.

Voici quelques conseils de Saint Théophane le Reclus.



"Il vous est nécessaire de réinterpréter tout ce qui s’offre à vos yeux dans un sens spirituel. Cette réinterprétation doit remplir votre esprit à un point tel que lorsque vous regardez quelque chose, vos yeux voient quelque chose de sensuel, mais votre esprit perçoive une vérité spirituelle. Par exemple, vous voyez une tache sur une jupe blanche et trouvez cela déplaisant, comme quelque chose de honteux qui s’est produit. Réinterprétez cela en envisageant combien cela doit paraître regrettable et désagréable au regard du Seigneur, des anges et des saints de voir la tache du péché sur nos âmes, pures à leur création selon l'image divine, renouvelées dans les fonts baptismaux, et purifiées dans les larmes de la repentance. Voyez comment les petits enfants, lorsqu'ils sont laissés à eux-mêmes, courent en faisant du bruit et créent de l’ agitation. Réinterprétez cela en percevant comment nos âmes font du bruit et du tapage lorsque leur attention se détourne de Dieu et de la crainte de Dieu."

Nous pouvons voir que presque n’importe quel évènement peut être considéré comme une leçon pour notre bénéfice spirituel. Vous pouvez commencer à examiner toutes les choses autour de vous et en chercher une interprétation spirituelle qui maintienne en face de vous le souvenir de Dieu tout le temps. Examinez votre environnement et commencez à leur donner une signification spirituelle. 



Saint Théophane dit :
"Lorsque vous ferez cela, chaque chose sera pour vous comme un livre saint ou un article dans un livre saint. Chaque chose vous mènera à une pensée de Dieu, ... Tout vous parlera de Dieu et gardera votre attention sur lui."

mardi 8 mars 2011

Contrôle, maîtrise, dépendance, ou abandon, confiance et obéissance...


Jusqu'à un certain âge - qui varie selon les personnes - nous avons le sentiment qu'il nous faut avoir la maîtrise de notre vie, que nous faisons des choix déterminants pour notre avenir, qu'il ne nous faut compter que sur nous-mêmes, que nous devons aller de l'avant, qu'il nous faut construire les choses de nos propres mains et que nous pouvons être fiers de ce que nous réalisons personnellement.
Nous voulons décider, conserver le contrôle de ce qui peut nous arriver. Nous voulons faire ce que nous avons envie de faire quand nous le désirons, quand cela nous prend, et nous avons la ferme conviction que nous avons légitimement le droit de faire ce que nous avons décidé, au moment choisi par nous, où nous le voulons, avec qui nous le voulons...
Et nous avons cette fierté, c'est comme ça qu'on traduit le mot anglais pride si prisé de nos jours, qu'on peut aussi traduire par orgueil... Nous avons ce sentiment d'auto-suffisance qui nous remplit de ce que l'on appelle la réalisation de soi.

Cependant il arrive que certains obstacles soient plus durs à franchir que d'autres, ou soient parfois carrément infranchissables, voire reviennent comme par ironie devant nous, comme pour nous narguer, alors qu'on les croyait disparus. Ces obstacles qui  réduisent et limitent l'expansion que l'on voulait irrésistible de notre moi, peuvent être de tous ordres : matériels, techniques, financiers, physiques, physiologiques, sanitaires, accidentels, émotionnels, psychiques, familiaux, sociologiques, historiques, météorologiques... que sais-je ? Il y en a tellement !

Alors que fait-on ? Eh bien, selon les personnes - encore une fois - on se met en colère en croyant en nos forces, en nos ressources et nos compétences et on fait front, on se bat par tous les moyens, on s'arc-boute, on se défend, on lutte... ou bien on se met en colère mais différemment, plutôt dans le ressentiment, en rejetant la faute sur les autres, alors on s'indigne, on se révolte, on manifeste... ou bien on est tout à coup sans force, abattu, découragé voire désespéré, voire suicidaire, ou tout simplement on se résigne dans l'amertume...
Dans tous ces cas, on conserve la conviction que l'on peut, pourrait ou aurait pu contrôler notre vie et obtenir ce qui nous était dû, de par notre mérite ou de par notre droit le plus légitime et par une certaine idée de ce que doit ou devrait être la justice. 

Et bien souvent si l'on ne parvient pas à obtenir ce que nous désirions, alors nous faisons appel... aux autres ! Mais cela ne nous pose pas de problèmes, nous ne vivons pas cela comme une contradiction. Nous avons revendiqué jusque là notre capacité à contrôler notre vie et notre droit à obtenir, tout seuls, ce que nous voulions selon notre bon plaisir, sans nous préoccuper des autres, comme des grands ! Et nous continuons de le faire, même dans la difficulté et l'empêchement, et nous revendiquons, en même temps, sans état d'âme, le devoir des autres à s'occuper de nous, si nous sommes en panne...

Ainsi en est-il de tous ceux qui, à notre merveilleuse époque de progrès irrésistible, veulent prendre des risques dans la sécurité de l'assistance des autres, revendiquée politiquement, moralement et juridiquement comme incontournable. Ainsi en est-il de tous ceux qui jouent avec leur santé en s'adonnant à toutes sortes d'excès, ou en dépassant les bornes imposées par la nature, des sportifs qui veulent avoir les frissons de la proximité de la mort sans mourir aux femmes âgées qui veulent enfanter en s'apercevant brutalement qu'elles ont raté quelque chose d'important de leur vie sans avoir voulu au moment opportun sacrifier leur carrière ou leur collection d'amants ou leur physique avantageux, ou leurs convictions féministes... ainsi en est-il de tous ceux qui veulent s'enivrer sans retenue avec toutes sortes de substances et plongent dans l'enfer de la dépendance, ainsi en est-il de tous ceux qui veulent jouir sans entraves et sans précautions de tous les corps désirables, selon leur légitime préférence sexuelle, rencontrés sur leur passage. Ainsi en est-il de ceux qui veulent un corps parfait et toujours jeune, conforme en tous points aux canons de l'esthétique contemporaine et qui s'empoisonnent avec des médicaments incertains ou finissent par être défigurés ou handicapés par des techniques chirurgicales non encore éprouvées ou effectuées avec du matériel dont la fiabilité sanitaire n'a pas encore été  vérifiée. Ainsi en est-il même - on l'a vu tout récemment à grosse échelle - de ceux qui veulent prendre des risques financiers avec l'argent des autres tout en étant sécurisés par l'argent... des autres !

Alors se posent les véritables questions  : 
  • Qui contrôle quoi ? 
  • Qui contrôle vraiment quoi ? 
  • Qui est libre de quoi ?
  • Qui est responsable de quoi ?
  • Qui peut prétendre se passer des autres ?
  • Qui peut prétendre faire fi des autres ?
  • Qui peut être fier de quoi ?
  • Qui est dépendant de qui ?
  • Qui peut se passer du regard de qui ?
  • etc.

Une autre posture est celle de celui qui attend patiemment que les choses se passent toutes seules, dans un sentiment magique que tout arrivera comme par magie au moment voulu... C'est une des postures de la sagesse contemporaine... "ça va arriver, calmez-vous, soyez zen, ce que vous voulez va arriver, faites des visualisations, de la méditation, répétez des mantras spéciaux - sans oublier les stages, les accessoires, etc. et vous allez voir  : ce que vous voulez va arriver, vous retrouverez la santé, vous retrouverez l'amour, la prospérité, la jeunesse, la beauté..." 

Et puis il y a la posture de celui qui ne sait rien, ou qui sait que cette prétention au contrôle total, ou cette fuite de la réalité, sont vains, celui qui s'abandonne à la Volonté divine, à laquelle il ne comprend d'ailleurs rien, et dont il sait à peine comment elle peut s'exprimer, par quels moyens, à quel moment, par qui. 
Ce dernier s'occupe surtout de cultiver son jardin, c'est à dire d'abord de veiller aux besoins matériels et spirituels de sa famille, dans la mesure de ses moyens et compétences et puis de travailler sur soi, dans la mesure où il le peut, selon les talents qui lui ont été attribués dans sa vie depuis sa naissance et sa renaissance par le baptême, dans la conviction sans faille que ses propres efforts, même dans ce domaine spirituel seront vains sans la grâce de Dieu qu'il n'est même pas sûr d'obtenir. 

St Dismas le vrai confesseur
de ses péchés et de la divinité
du Christ
La véritable maîtrise de soi et de sa vie est dans la posture miraculeuse du Bon Larron, celui à qui Le Seigneur a assuré qu'il serait à l'instant même de sa mort dans son Royaume. Cloué dans l'impuissance totale à changer quoi que ce soit de sa vie, que ce soit de son passé de criminel, ou de son présent, cloué douloureusement sur le bois de la croix, ou de son avenir mortel proche, il tourne le regard vers Celui qui seul sauve, qui est "le Chemin, la Vérité et la Vie" - n'en déplaise aux bons esprits tolérants et bien pensants relativistes - après avoir reconnu ses fautes, après avoir confessé l'innocence de l'Agneau immolé en même temps paradoxalement que sa Toute Puissante Souveraineté, il s'abandonne à son Seigneur, dans la confiance et l'obéissance, avec cette prière :

Souviens-Toi de moi, Seigneur dans ton Royaume !
Μνήσθητί μου, Κύριε, ὅταν ἔλθῃς ἐν τῇ βασιλείᾳ Σου!
Помяни мя, Господи, во Царствии Твоем !

Celui qui a cette posture récite tous les matins en se levant cette courte prière extraite du Notre Père :
Que Ta Volonté soit faite !

et encore celle-ci extraite de la Grande Doxologie et judicieusement traduite par Geronda Placide :

Tu es béni Seigneur enseigne-moi ta Volonté
Tu es béni Maître, fais-moi comprendre Ta Volonté
Tu es béni Saint illumine-moi par Ta Volonté

dimanche 27 février 2011

Ascèse, grâce et illumination


"Il y a des dispositions intérieures, fruits d’une ferme décision secrète accompagnée d’une prière instante qui sont plus efficaces à recevoir la grâce pour agir et se comporter selon la volonté divine que de dures et sévères ascèses. Ainsi reconnaît-on l’arbre à ses fruits." 
(extrait de feuillets attribués à St Romain de Condat)

Ainsi, de nos jours, certains s'infligent-ils pendant des années, comme les pratiquants du zazen, une posture physique rigoureuse et douloureuse dans l'espoir – peu conforme pourtant à l'orthodoxie du zen qui préconise de pratiquer gratuitement, mushotoku – d'obtenir le satori, l'illumination comme le bouddha sous son arbre. Cette ascèse, bien qu'elle ne soit pas sans creuser peu à peu leur cœur de pierre, le sculptant ainsi comme la goutte d'eau finit par creuser la roche sur laquelle elle tombe régulièrement, ne suffit pas pour autant à leur procurer cette illumination tant souhaitée. Ils ont l'illusion spirituelle d'abord que leurs efforts seuls leur permettront de parvenir au satori et ensuite ils forment dans leur esprit une image de cet état d’illumination comme celle d'un évènement extraordinaire leur assurant de surcroît un état de sérénité fiable et pérenne, voire définitif. Malheureusement il n'en est pas ainsi...



Notre icône de St Jean de l'Echelle montre bien de grands ascètes en grand habit, tout près d'atteindre la main tendue de Notre Seigneur, qui chutent parmi les noirs démons avant de parvenir au but... 
Certes on ne saurait éviter l'ascèse mais, même si elle est au-dessus de la simple morale, elle n'est peut-être seulement qu'une rampe de l'échelle qui mène au Royaume des Cieux, elle ne nous protège pas de toutes les chutes et particulièrement de la plus grave, celle causée par l'orgueil. 

Car il est probable que la grâce agit plutôt dans la douce douleur de l'abandon que dans la tension de l'effort.

vendredi 4 février 2011

La chair et l'esprit - Comment vaincre celui que la nature me porte à aimer ?

« Comment vaincre celui que la nature me porte à aimer ? Comment me libérer de celui auquel je suis lié pour l’éternité ? Comment anéantir ce qui doit ressusciter avec moi ? Comment rendre incorruptible ce qui a reçu une nature mortelle ? Comment opposer de bons arguments à celui qui tient les siens de la nature ? Car il est à la fois un allié et un ennemi, un aide et un rival, un défenseur et un traître. Si je le ménage, il me fait la guerre. Si je l’épuise, il devient sans force. Quand je le laisse tranquille, il se conduit mal. Si au contraire je le tourmente, il ne peut le supporter. Si je le contriste, je suis en danger. Si je lui porte un coup décisif, je n’ai plus de quoi acquérir les vertus. Tout ensemble, je l’embrasse et je me détourne de lui. Quel est donc ce mystère en moi ? Que signifie ce mélange ? Pourquoi suis-je ainsi ami et ennemi de moi-même ? »


St Jean Climaque in  L’échelle sainte 15,88 ; SO 24, p. 175-176.



       "Combattant les gnostiques qui dénigraient le corps, Irénée de Lyon affirmait clairement au 2e siècle : « La preuve est faite que c’est bien la chair qui subit la mort : une fois l’âme sortie, la chair devient sans souffle et sans vie et se dissout peu à peu dans la terre d’où elle a été tirée. C’est donc bien elle qui est mortelle ». Cependant, se référant à l’Apôtre Paul, il ajoute une précision : « C’est également d’elle que l’Apôtre dit : ‘Il vivifiera aussi vos corps mortels’ (Rm 8, 11). C’est pourquoi il dit à son sujet dans la première aux Corinthiens : ‘Ainsi en va-t-il pour la résurrection des morts : semée dans la corruption, la chair ressuscitera dans l’incorruptibilité’ (1 Co 15, 42) » (Irénée de Lyon, Contre les hérésies V,7,1.)
Comment comprendre alors le mépris du charnel et la louange du spirituel que semblent véhiculer certains textes de la tradition chrétienne ? "
C'est ce qu'expose avec clarté l'Archimandrite Job Getcha  dans une conférence  intitulée  « La chair et l’esprit - Antagonisme paulinien, héritage patristique"

vendredi 21 janvier 2011

Action (praxis) et contemplation (theoria) par St Maxime Le Confesseur

"Quiconque est épris du salut s'applique absolument ou bien à l'action* ou bien à la contemplation**. Car sans la vertu et sans la connaissance nul n'a jamais pu en aucune manière découvrir le salut. Pour ce qui est de la vertu elle assigne sa place au mouvement du corps, en arrêtant sciemment par la pensée droite comme avec un frein, l'impulsion qui porte à l'extravagance. Quant à la conemplation, elle décide de choisir sagement ce qui a été bien pensé et bien jugé."
(St Maxime Le Confesseur - 7ème Centurie, 62)

*action  = non l'action dans le monde mais l'action sur soi, singulièrement l'ascèse corporelle et la prière liturgique. L'action prépare et permet la contemplation.
** contemplation = theoria = la sensation spirituelle de Dieu, au coeur et au-delà de la prière. L'aboutissement et la transfiguration de la praxis.

lundi 10 janvier 2011

Quand une activité est-elle appropriée pour une vie spirituelle ?


Saint Théophane le Reclus a traité cette question dans une correspondance qu’il a eue avec une jeune femme qui voulait vivre une vie spirituelle, mais qui se sentait gênée par la précipitation et la distraction de la vie. Elle voyait le monde comme un endroit où «tout le monde se précipite en tout sens comme dans un accès de colère, à la poursuite de quelque chose que personne ne parvient jamais à attraper.» Voilà ce qu’elle relate : «Je ne pouvais pas voir quoi que ce soit qui puisse provenir de l'âme. Il y a des caresses vides, une disposition à faire des choses pour l'autre, et aussi une admiration mutuelle. Tout est superficiel ... Sous l'apparence se cache un tout autre esprit .... quelle comédie. ... Ils se lient, se contraignent et se tyrannisent les uns les autres ; personne n'a sa propre volonté ou une quelconque liberté ».

Saint Théophane a confirmé de telles observations sur la nature de cette vie et lui a répondu en citant saint Macaire le Grand.
"Les enfants de cet âge sont devenus tels le blé versé sur le tamis de cette terre, et puis dispersés parmi les rêves inconstants de ce monde, au milieu d’agitations sans fin liées aux soucis terrestres, aux désirs et au labyrinthe des concepts matériels. Satan secoue les âmes, et avec un tamis, c’est à dire les soucis du monde, il disperse l’entière race humaine pécheresse."
Saint Macaire utilise l’image agricole d'un tamis, où le grain est jeté afin de nous montrer comment nos soucis terrestres, nos rêves et nos désirs font la même chose pour nous, ils nous lancent au hasard alentour. Nous sommes projetés par nos désirs physiques et nos pensées dispersées, tout comme les grains de blé sont ballottés dans un tamis. Nous nous trouvons constamment en mouvement, toujours impliqué dans une tourmente incertaine. Tout cet affairement dont nous faisons l'expérience est une quête sans fin pour satisfaire les désirs terrestres qui ne peuvent jamais être pleinement satisfaits. Sous-jacent à tout cela est notre orgueil. 

Saint Théophane dit également :
"Peu importe comment on dissimule ses désirs, derrière eux se trouve l'égoïsme, qui veut vous entortiller pour ses besoins, ou vous utiliser comme moyen. L'objectif est une fourberie ... tout le monde s'enferme dans sa propre coquille, incapable de produire la moindre chaleur. "
Telle est la nature de la vie sur terre. Elle ne cesse de nous lance des défis, en nous entraînant dans le prochain drame de la vie. Nous nous sentons souvent comme une graine solitaire, sans vrais amis ou relations pour nous consoler. Parfois on trouve un confort terrestre, mais bientôt il se transforme en une déception. Si ce n'est pas dans nos relations, nous la trouvons dans notre bien-être physique avec la maladie ou un accident. Qu'est-ce que ce que tout cela, s'écrie-t-on ! Que devons-nous faire ?

Saint Théophane dit encore :
« il vous est, bien sûr, impossible de fuir tout le monde mais refusez autant que possible d'entrer dans ce cercle de la vie mondaine. Quand il vous tire contre votre volonté, agissez comme si vous n'étiez pas là, regardez, mais ne prêtez pas attention, écoutez mais restez sourd .... Extérieurement, comportez comme tout le monde, soyez simple et sincère, mais protégez-vous des sympathies et des attractions. »

Nous pouvons évaluer nos activités en reconnaissant que nous sommes constitués de plusieurs aspects et que tous ceux-ci doivent être en mouvement en même temps. Nous avons tous les besoins corporels qui doivent être satisfaits ; il y a aussi les actions de l'âme avec son intelligence qui analyse en permanence, notre volonté qui veut choisir librement, et notre cœur qui cherche l'harmonie, et nous avons l'esprit avec son désir de ce qui est bon et beau.

Tout cela doit être en synergie pour vivre ensemble comme prévu, Saint Théophane dit à ce propos :
"Ce n'est que lorsque l'ensemble de nos énergies sont en mouvement et que tous nos besoins sont satisfaits qu'un homme vit. Mais quand seule une petite partie de ses énergies est en mouvement, et que seul un petit nombre de ses besoins sont satisfaits, cette vie n'est pas la vie. Tout fonctionne ensemble comme un tout. "

Tous les aspects de votre être doivent être pris en considération dans les activités mondaines. Examinez vos activités et évaluez comment le corps, l’âme et l’esprit y sont engagés. Est-ce que l'activité assure que vos besoins physiques sont pris en considération de manière appropriée, sans excès, mais seulement à un degré nécessaire à votre bien-être. Est-ce votre que votre intelligence s’est concentrée, est demeurée claire, contrôlant vos pensées pour qu’elles soient raisonnées et cherchent à obtenir le plus haut niveau de compréhension. Est-ce que votre volonté est engagée dans des autolimitations vis-à-vis des désirs excessifs, et votre cœur se trouve-t-il dans un sentiment de calme et d'harmonie ? Enfin, est-ce que votre esprit est mobilisé et vigilant par rapport à tout de que vous faites de sorte que dans l'activité vous demeurez orientés vers ce qui est bon aux yeux de Dieu ? Si quelque aspect de votre être est en porte à faux, alors vous pouvez dire de cette activité qu’elle n'est pas bonne pour vous spirituellement.

(Citations de La vie spirituelle, Lettre 4, 39-42, Saint Théophane le Reclus)