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jeudi 27 septembre 2012

Peut-on tout pardonner ? par P. Aleksandr Winogradsky Frenkel

 P. Aleksandr Winogradsky Frenkel
"Après l'office des Vêpres du dimanche soir qui précédent l’entrée dans le temps du Grand Jeûne (Carême) qui débute le lundi dans la tradition byzantine, le clergé et les fidèles accomplissent un rite profond, signifiant et riche. C'est le Dimanche du Pardon (Прощеное Воскресенье). Le rite est très long et solennel dans la tradition slave. Après une série de prières de repentance et de pardon, le clergé de tout rang et les fidèles se prosternent deux par deux- face-à-face, se demandent mutuellement pardon pour toutes les fautes volontaires et involontaires, conscientes et non-conscientes et se relèvent en s'embrassant dans l'espérance de la Résurrection. Le rite que nous avons accompli hier au Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, était succinct. Souvent le clergé et les fidèles échangent en grec un "kali saratakosti" (bonne quarantaine = de jeune), voire souvent "kalo Passkha". Le Patriarche Theophilos avait lu, au début une prière pénitentielle qui implorait le pardon de Dieu. Cinq personnes m'ont dit "tzom kal - צום קל" (jeune paisible, simple) en hébreu. La phrase est curieusement un décalque de celle que l'on dit pour le Yom Kippur, comme si l'on devait mettre l'accent sur le jeûne - en fait, l'accent est sur le pardon et, en hébreu, il serait logique alors de dire "shalom uslikhah - שלום וסליחה".
Le rite provient du Kippur ou "Jour de Grand Pardon". Le pardon s'exprime de manière constant dans la prière chrétienne, mais uniquement en grec dans le Notre Père qui indique: "Pardonne-nous nos offenses (péchés, remets-nous nos dettes) comme nous avons déjà remis, pardonne à ceux qui nous ont offenses". Mais le sens du Kippour est bien différent car il prend un valeur sacrificielle de notre vie comme elle l'était dans la tradition sumérienne et dans le sacrifice au dixième jour du mois de tishri (nouvelle année d'automne). Pour ceux qui n'en seraient pas persuadés a la lecture du Nouveau Testament, il faut rappeler que l'affirmation du caractère propitiatoire du sacrifice du Christ dans l'épitre aux Romains 3, 25 et l'unité du sacerdoce du Christ dans l' épitre aux Hébreux 9 Ch. 7 et 8 ) présupposent une méditation approfondie de la théologie de Yom Kippour.
Dans le cas du christianisme oriental, il est très significatif que cette demande de pardon se fasse a l'entrée du Carême qui est aussi un temps de réconciliation." Lire la suite ICI

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